Plurielle

Je suis en paix avec le monde et je caresse l’illusion que tout va bien et que le monde est aussi en paix avec moi

31 janvier, 2010

Accoucher de mes souvenirs

 

Image de prévisualisation YouTube

J’éprouve parfois une sensation étrange, comme si mon coeur marquait un temps, comme s’il voulait s’arrêter mais il repart tout en douceur comme lorsqu’on passe la première en décomposant la manoeuvre à l’extrême, genre ralenti d’un mouvement pour insister sur la vitesse réelle. Dernièrement une petite phrase de rien du tout a provoqué cet effet induisant d’autres mots, de moi cette fois : « ça m’a rendu  folle, mais c’était pas la bonne personne !  » C’est jamais la bonne personne. Ce qui me manque c’est son odeur, le grain de sa peau, ses grandes mains et le son de sa voix, je voudrais encore  être dans sa sphère, en être dépendante, et pourtant je sais les risques de la dépendance.

Ce qui provoque cette sensation ? Pas seulement l’envie de baiser à corps perdus en attendant la fin des temps… Écouter son coeur qui bat et demander pourquoi il n’y a pas d’écho qui défierait le temps…Échanger autour des évènements, les petits ou les grands du quotidien. Cette banalité qui consiste à avoir des attentions pour quelqu’un qui compte.

Mais il est raisonnable, normal que l’on tourne la page. C’est ce que disent les »croquants » comme dirait Brassens. Ils savent eux, ce qui est bon pour moi, ce que je dois faire, quand je dois lire, pleurer ou danser puis quand je dois passer à autre chose. Forcément, ils pensent qu’ils ont raison. Alors pourquoi m’en parlent-ils si je dois oublier ? Il parait que c’est comme éliminer un cafard.
http://www.dailymotion.com/video/x31xx0

Il parait que la norme, c’est de tourner la page, toutes les pages ? Certaines personnes, et j’en suis ont plus de mal que d’autres à faire cela. L’histoire avec un grand H est universelle, elle est cependant composée de toutes nos petites histoires et chacun de nous perçoit ces deux histoires de manière différente. Dans ma petite histoire personnelle, le passé occupe une place prépondérante tout comme dans la grande histoire qui a déterminé mon existence. Je n’ai pas besoin de l’assentiment de tel ou tel pour qu’il en soit ainsi ou différemment. Je revendique juste la possibilité d’exprimer ce que je ressens, sans demander à quiconque de me comprendre, de me plaindre ou de compatir… Que ce soit en virtuel ou dans la réalité, les gens ne supportent pas que l’on pense différemment : il faut entrer dans un moule ! Et j’ai toujours eu du mal !

Image de prévisualisation YouTube

Il m’a regardé dormir. Je ne sais pas combien de fois, je m’en suis rendue compte un matin, une nuit aussi peut-être, je ne m’en suis pas formalisée, j’ai choisi d’oublier qu’il pouvait le faire. Moi aussi je l’ai regardé dormir quelquefois, lorsque je ne trouvais pas le sommeil. Que voyaient ses yeux ? Quels dégoûts éveillaient donc en lui ce tas de chair abandonné dans le sommeil ? Un dégoût suffisamment puissant pour qu’il choisisse de rejoindre les poupées désarticulées offertes jusqu’au fond d’elles-même sur le net. Voilà ce qui reste des moments où je m’interrogeais sur mon extraordinaire capacité à délaisser mes rêves au profit de chimères qui n’étaient pas les miennes. Extraordinaire aussi cette capacité d’être réellement amoureuse d’un rien, comme si je ne pouvais qu’aimer quiconque fait mine de me jeter des miettes d’attention. Je croyais dur comme fer que mes rêves pour deux nous feraient des jours heureux. Mais dans certains endroits de la terre, aucun soleil ne brille jamais, même pour se mêler à la pluie.

J’ai tout le temps pour penser à ces moments où je voulais aspirer son air, ça ne se fait pas, surtout maintenant qu’il ne respire plus ! Mais il s’agissait d’envies réelles, pas de chiqué chez moi ! Je ne suis pas du tout sophistiquée !

Je suis seule à nos rendez-vous… parce qu’on n’a pas de rendez-vous !

 

 

 

4 réponses à “Accoucher de mes souvenirs”

  1. groulala (circonlocution) dit :

    Il faut tourner la page
    Changer de paysage
    Le pied sur une berge
    Vierge
    Il faut tourner la page
    Toucher l’autre rivage
    Littoral inconnu
    Nu
    Et là, enlacer l’arbre
    La colonne de marbre
    Qui fuse dans le ciel
    Tel
    Que tu quittes la terre
    Vers un point solitaire
    Constellé de pluriel
    Il faut tourner la page…
    Redevenir tout simple
    Comme ces âmes saintes
    Qui disent dans leurs yeux
    Mieux
    Que toutes les facondes
    Des redresseurs de monde
    Des faussaires de Dieu
    Il faut tourner la page
    Jeter le vieux cahier
    Le vieux cahier des charges
    Oh yeah
    Il faut faire silence
    Traversé d’une lance
    Qui fait saigner un sang
    Blanc
    Il faut tourner la page
    Aborder le rivage
    Où rien ne fait semblant
    Saluer le mystère
    Sourire
    Et puis se taire

    Et puis se taire…J’ai écouté la version de Nougaro, encore plus poignant que les mots nus. Je parviendrais un jour à me taire, espérons que ça me convienne ce jour-là !

  2. simboubou dit :

    Seule à ton rendez vous ????
    C’est super, tu peux garder les lilas!!! ou les bonbons c’est selon, aurait dit ( mieux que moi ) le grand Brel.

    J’ai un faible pour les bonbons parce que les fleurs c’est périssable, et je suis seule au rendez-vous, parce que je n’ai pas rendez-vous !

  3. ALAIN dit :

    Peut-être un jour un prince charmant te donnera rendez-vous à un moment où tu ne t’y attendras pas.
    ARSENE GRISALI

    « Il suffira d’un signe, un matin tout tranquille et serein ? »

  4. Matt dit :

    Merci avant tout de ton passage chez moi et de ton petit com…
    Très nostalgique ton billet, amer aussi…
    Mais tu sais je crois qu’un jour quelqu’un sera là à ton rendez-vous, avant toi, sans que tu t’y attendes…
    Sans dire un mot, juste un sourire

    Va falloir que je lève un peu le nez pour ne pas rater ce sourire…

Laisser un commentaire

 

royaumedeprincesse |
Quand il n'y a plus que des... |
bolduc |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Bulles de vie
| Les moments parfaits
| Journal d'une fille sans av...