Plurielle

Je suis en paix avec le monde et je caresse l’illusion que tout va bien et que le monde est aussi en paix avec moi

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24 janvier, 2010

Silences

Classé dans : amours,bavardages,chagrins,humeurs,mode de vie,musique,passions,reflexions,religion,societe — kinkajouunblogfr @ 15:49

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Je m’éveille seule dans cette maison trop grande pour moi.

Dans ce grand lit trop grand aussi, il n’y a personne près de moi.

Cette chambre là ne me sourit pas. Elle me dit que j’y suis intruse.

Doucement, je sors du lit accompagnée par un grand silence.

Je glisse les pieds dans des espadrilles bleues trop grandes pour moi.

Je n’en veux pas d’autres.

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Dans l’espace contigu à la chambre, le clic irrégulier du thermostat rompt parfois le silence des lieux.

Le front appuyé contre un panneau translucide, je scrute l’extérieur, une sorte de guet.

C’est alors que je tourne le dos que je ressens des vibrations.

Une voiture s’est garée sous le porche.

Les maudits mots rassurants ne seront pas prononcés.

Je les entends dans ma tête :

« Tu vois, tu n’étais pas seule, je n’étais pas parti bien longtemps,

Tu dormais bien, je n’ai pas voulu te réveiller »

Les larmes que j’ai séché ont cependant laissé des traces.

Mon coeur froissé a eu peur.

Je n’aime pas être seule avec tout ce silence.

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21 janvier, 2010

En ouvrant le journal du matin

Classé dans : amours,bavardages,chagrins,citations,humeurs,mode de vie,passions,reflexions,societe — kinkajouunblogfr @ 0:10

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Petite fille lorsque j’en voulais très fort à quelqu’un et qu’un malheur lui arrivait j’étais persuadée que je lui en avais voulu suffisamment pour que ce malheur survienne. Évidemment c’était des petits malheurs…Hélène  tombait de vélo, Agnès se faisait gronder par sa mère, Flora avait une mauvaise note en anglais…elle qui apprenait si vite cette maudite langue. En me rapprochant de l’âge adulte, j’ai désappris mes pouvoirs de sorcière. J’ai beau froncer les sourcils, dire des suites de mots sans fin à la manière des incantations, rien ! Il n’y a rien que ma colère et même si je la dis à la personne concernée, sa vie continue de se se dérouler paisiblement.

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C’était jusqu’à ce soir quand j’ai ouvert le journal… Mon amour, ma jalousie, mon dépit, ma colère, ma haine, tout cela avait fonctionné. Comme lorsque j’étais petite. Il est mort ! Oui, oui, c’est vrai, il est mort, c’est écrit dans le journal. Je ne l’ai pas tué de mes mains. J’y ai songé un temps, mais ça ne se fait pas, c’est interdit de prendre la vie. J’avais imaginé plein de manières différentes. couteau.jpgLes films et romans, sans oublier les faits divers regorgent d’exemples en tous genres. De la mort au rat à l’accident de la route provoqué par le simple fait de siphonner le liquide de freins. J’avais donc renoncé, d’abord parce que c’est interdit et aussi parce que  je ne suis pas  partageuse au point d’envisager le restant de mes jours dans une cellule avec des co-détenues, mais surtout parce que la haine que je pensais avoir était beaucoup moins forte que l’amour que je lui portais.

C’est fait ! Sa vie est finie et comme je ne crois pas à l’au delà, qu’il soit d’en haut ou d’en-bas, elle est finie pour de bon !

Ça me fait quoi ? Les premiers instants furent de stupeur, une sorte d’hébétude, d’engourdissement où je me suis dit que ce journal était répugnant d’annoncer ainsi la fin des gens sans précautions aucune. Juste un laconique convoi funèbre sur une terre glacée. D’ailleurs, répugnant, c’est ainsi qu’il le nommait lui-même !

Il disait parfois, Ciao bella…je n’oublierais jamais sa voix. Manquera t-il à ma vie ?

Je le voulais homme de ma (fin de) vie…il n’avait pas cette tête-là dans mon imagination, ni ce corps-là. Pas facile de faire coller une image à un rêve !… On aurait pu écrire une autre histoire, j’en ai souvent caressé l’espoir. J’espère que son image  me servira de garde-fou si je rencontre d’autres comme lui.

J’ai tenté ensuite de me définir par rapport à ce décès qui me laisse à mes plaies béantes…comme le font tous les décès à ceux qui restent. Oui mais moi, on m’a appris à dire au revoir à mes morts. J’ai appris à leur caresser le visage, à leur dire les derniers mots d’une conversation en cours, à toucher leurs mains une dernière fois avant de les embrasser et de leur tourner le dos pour qu’ils ne viennent pas me tirer par les pieds durant mon sommeil.

 

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Non seulement je ne ferais aucun de ces gestes mais j’ai conscience que ce mort ne m’est rien ! Sans ce journal que je ne prends jamais, mais j’ai été tentée dans le kiosque de la gare, je ne saurais rien de cette fin de vie. Je ne suis ni parente, ni proche (au propre et au figuré). La plupart des gens disent avoir besoin de se reconstruire après un décès. J’aurais besoin de recoudre soigneusement tout ce qui s’est fracassé avec ce mort d’aujourd’hui qui s’en va dans sa tombe. Tout ce qui s’est fracassé quand il n’était que candidat à la mort mais que je le voulais éternel.cimetire.jpg

Maintenant qu’il est mort, je vais tenter, non pas de l’auréoler comme on pare les morts en leur attribuant toutes les vertus, mais essayer d’apercevoir les aspects positifs et non contraignants des rapports qui furent les nôtres avant la débâcle. La mort m’aidera sans doute à accepter ce que je refusais de son vivant. Un sale type est un sale type même mort. Peut-être parviendrais-je à repérer ce qui m’a aveuglé au point de ne plus accorder d’importance à ma vie et mes choix. Quand ce sera fait je vais sans doute me remémorer les moments plus heureux qui fondent ma nostalgie de la relation défunte. Ses caresses n’étaient pas que rugueuses…Des choses comme me lover contre lui…à son corps défendant quand on partageait le même lit et qu’il tentait de conserver ses habitudes de vieux garçon ou un bain mémorable…ou ses yeux brillant de plaisir ou encore ce bouquet de roses qu’il m’avait offert et qui augurait de belles perspectives.

 

Je pensais que sa mort m’aurait attristée …moi qui ai la larme facile pour les fins de vie, et les départs en tout genre,  je suis plutôt tranquille. Ni apaisée, ni embêtée juste dubitative. Curieux décalage entre un amour réel et une fin de vie réelle aussi mais sans consistance. Finalement la rupture n’aura été que la préparation certes douloureuse à sa vraie disparition. Les choses ne sont pas si mal faites…Il disait blblbl et je traduisais comme je pouvais ! ça me manquera… Le CD de Marie tout court qu’il devait m’envoyer ne me parviendra jamais. Heureusement qu’elle en mettra en vente. grilleducimetieremarneslacoquette.jpg

 

20 janvier, 2010

Vrai ou faux

Je remets ces phrases ici, puisque on me demande en privé les réponses…ce n’est vraiment pas très difficile de démêler le faux du vrai.

1-Je suis mariée depuis 26 ans

2-J’ai adopté un enfant

3-J’ai apostrophé Joé  Star en lui demandant de se coiffer avant de se produire à la télé

4-J’ai demandé à un flic de me montrer son permis de séjour

5-Césaire Aimé à officié pour mon mariage à la mairie de Fort de France

6-J’ai grandi dans un bidonville

7-J’ai mis au monde trois enfants alors que je n’ai qu’un ovaire

8-A un repas de famille je peux avoir deux joueurs de l’équipe de France

9-Je pratique l’escalade

1O-Je suis bilingue

11-J’ai trois poules

12-J’ai trois neveux blancs

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