Plurielle

Je suis en paix avec le monde et je caresse l’illusion que tout va bien et que le monde est aussi en paix avec moi

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28 février, 2010

En attendant le 8 mars

1ère partie

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Je marque peu les fêtes et autres commémorations.

 

 

Cependant j’ai envie de poser noir sur blanc certaines de mes ambivalences à l’approche de la journée dédiée à la femme.

Je parle bien d’ambivalences. Il s’agit de réflexions non censurées… Je m’interdis parfois l’autocensure mais je ne souhaite faire adhérer personne aux méandres de ma pensée. Il s’agit vraiment pour moi de mesurer de la distance entre ces pensées et mon quotidien puisque les écarts existent.

Par exemple, je suis perçue comme étant une à la fois : soit maman, soit formatrice, soit éducatrice, soit lubrique, soit personne-ressource, soit intello, soit brut de décoffrage, soit martiniquaise, etc,  mais jamais tout cela à la fois alors que moi je suis tout cela et je me ressens comme étant tout cela en même temps.

En tant que maman : je reviens un midi et je me précipite dans la maison. Je vais écouter le CD que j’entendais dans ma voiture… Mon aînée à qui ce CD appartient est si étonnée qu’elle me propose de me montrer le clip en précisant : tu ne vas pas aimer !

Voyez plutôt :
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Elle est choquée, la petite ! Ben voyons…je ne suis pas née à l’âge que j’ai et je me prête à bien des jeux qu’elle ne soupçonne pas, même  si je trouve normal de ne les partager avec elle d’aucune manière que ce soit.

Je suis sa mère et à ce titre je suis rangée au rayon des vieilles peaux. De sa place c’est peut être cela qu’il faut faire.

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Après une journée de formation, les stagiaires viennent me congratuler et me serrer la main. Savent-ils que je ne les vois pas, eux ! leurs vies, leurs aspirations et leur enthousiasme. Je  suis contente d’avoir survécu à une autre journée malgré mes démons…C’est cela qu’ils devraient percevoir sous mes sourires étonnés. J’ai vaincu la maladie un jour de plus ! Mais non, je grimace par convention et je balbutie les quelques mots qu’ils veulent entendre. Au fond de moi une phrase, une, que je hurle en silence : Barrez-vous !

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Quelques-uns de ceux qui m’ont côtoyé comme éducatrice, enfants de l’époque, leurs parents ou collègues perdus de vue se plaisent à me dire aujourd’hui mon dévouement. Je tente de leur expliquer que j’ai fait mon boulot, rien que mon boulot. Mais ils ne peuvent l’entendre…je suis censée aimer mon prochain, alors que je pense que j’étais juste payée pour ça ! J’aimais ce que je faisais, pas les gens qui étaient concernés. Pour moi, travail social ne rime pas avec don de soi. C’est un métier de l’humain certes, mais un métier c’est aussi un ensemble de techniques.  La recette et le cuistot quoi !

27 février, 2010

Galerie de cafétéria

Classé dans : bavardages,humeurs,mode de vie,quotidien,societe,tourisme,voisins — kinkajouunblogfr @ 0:13

 J’aime bien cette place, près de la baie vitrée, je vois la salle et le parking en contrebas.

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La petite dame rousse, grosse barrette dans les cheveux, toute maigre dans sa Corsa break. Ensemble violet et grandes bottes noires, elle s’apprête avant d’en sortir. Buste droit quand elle marche, regard loin devant elle associé à une démarche ferme et assurée.

 

 

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Le monsieur, loin du ciel, mal fichu comme ratatiné pas quasimodo mais presque, avec un visage un peu cabossé qui se dandine devant la machine à café, polo rentré dans son pantalon, ceinture Roland Garros.

 

 

La mère et sa fille qui dînent ensemble tous les midis. Brunes ( Loréal parce qu’elles  le veulent bien), l’une grosse l’autre frôlant l’anorexie. Une qui se croit belle, l’autre qui pense l’avoir été.

Le lecteur du Figaro : bière /ananas, cheveux blancs ras, sourire permanent, mains étonnamment jeunes.

Le gendarme en civil qui pense que ça ne se voit pas. Au garde à vous même pour couper sa viande !

Le grand-père qui suit fièrement sa petite-fille qui porte dangereusement le café à Mamie pendant que papa finit les assiettes : tu as vu Papi ?

Le trois quart débile qui dessert les tables avec son tablier en plastique.

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Les jeunes cadres dynamiques, costard/cravate qui parlent boulot mais fort. Quatre pichets d’eau pour deux !

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Vu d’en haut où je suis, plein de musulmans qui veulent prier et qui cherchent à se garer…partout, puisqu’il n’y a pas assez de place près de la salle dédiée.

C’est vrai nous sommes vendredi.

 

Un ouvrier du chantier voisin qui a dû se laver à l’eau sèche depuis quelques jours déjà. Il est content d’être là, c’est ce que disent ses jambes qui n’arrêtent pas de s’allonger sous la table.

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Et puis moi, qui rentre le ventre quand je marche, qui ne peux rien faire pour le double menton et l’air morne qui l’accompagne.

Assise là. Coups d’œils fréquents au portable.

Mon esprit se construit de souvenirs instantanés pour ne pas m’endormir en piquant du nez dans l’assiette.

Masque qui se veut impassible sur mon visage et qui cache du moins je l’espère une sorte de cynisme ou de mépris  quand un regard croise le mien.

26 février, 2010

Sucre et miel

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Je ne sais pas bien ce que je cherche.

Je ne suis pas sûre d’avoir besoin de le chercher…

J’ai envie d’une confiture de mots.

Et tous les ingrédients sucrés des bonbons de l’enfance heureuse.

Te les donner à toi, les savourer à deux.

Cette confiture de mots pour te dire le bonheur.

Pas le bonheur simple mais le bonheur multiplié.

Le bonheur à composer.

Ton sucre, parce que mon miel,

C’est mon histoire et c’est la tienne.

Instants pillés.

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Bonheur estampillé !

L’amer viendra de trop de sucre, de trop de miel.

On ouvrira les yeux :

Je verrais les rides sur ton front

Tu verras mes joues se creuser.

On saura réparer.

On aura l’un et l’autre, la bonté des premiers instants

Tu n’auras plus rien à pleurer

Je n’aurais plus rien à penser.

On pense-pleurera ensemble.

Sans un mot, sans un bruit.

On humiliera le passé qui nous a humilié.

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