Plurielle

Je suis en paix avec le monde et je caresse l’illusion que tout va bien et que le monde est aussi en paix avec moi

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24 février, 2010

Le camion jaune

Classé dans : bavardages,colere,humeurs,mode de vie,quotidien,relations,societe,travail social — kinkajouunblogfr @ 16:52

Vendredi pluvieux, ciel bas et une envie de sortir du lit proportionnellement inverse à mes obligations professionnelles. J’envisage à regret de mettre le nez dehors pour rallier ma destination professionnelle du jour. Une centaine de kilomètres plus loin, un groupe de vingt personnes m’attend.

Deux pieds hors du lit, ouvrir les volets puis PC, douche et café. Des habits simples et sobres, maquillage pareil, il s’agit de ne pas détourner l’attention du propos que j’aurais à servir.

Un au revoir servi à la cantonade aux bienheureux qui dorment encore, je m’installe en grimaçant dans mon éléphanteau. Il fait vraiment plus froid que ce que mon organisme peut tolérer. La musique que j’écoute bien que très enlevée n’y change rien. Comme il fallait s’y attendre, ceux qui prennent habituellement les transports en commun sont dans leurs voitures ce matin. On est donc encore plus nombreux que d’habitude sur la route. On entend souvent à la radio parler des temps de trajet domicile-travail des franciliens…ils n’ont rien à nous envier à part la couleur du ciel au-dessus de nos têtes, même quand il pleut!

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Quand je m’engage enfin sur l’autoroute, ce cher éléphanteau se charge de me rappeler qu’il a franchi les 212.000 km. Impossible de dépasser les 70 km/h. Même si je m’étais donné une marge d’un quart d’heure, à ce rythme là, je ne suis pas près d’arriver. Je risque même d’être sérieusement en retard. Il me reste certes la possibilité de rajouter 10 km au trajet initial pour aller chercher un véhicule du pool. Oui mais voilà, il pleut et je vais perdre un temps fou à faire ce crochet. Je décide donc de poursuivre sur l’autoroute jusqu’à ma destination.

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Une tentative d’accélération, parce que, quand même c’est moi qui décide ! et je vois rouge, pas rouge sang mais rouge de peur en même temps qu’un voile de couleur indéterminée passe devant mes yeux. L’éléphanteau semble être autonome et ne veut pas réagir à mes commandes. J’ai l’impression que le sang reflue de mes extrémités très très vite pour rejoindre mon cerveau. Comme si ça ne suffisait pas, me voilà prise de vertiges, je suis proche du malaise. J’ai vraiment la trouille, il ne faut surtout pas que je me plante là ! Réflexe : regarder dans les rétroviseurs la distance et la vitesse du véhicule qui me suit. C’est un camion jaune canari, un Scania d’une entreprise régionale…lancé au moins à 100 km/h il met son clignotant en même temps que je mets mes feux de détresse. Et là, je n’en reviens pas, il cesse sa manœuvre de dépassement et se rabat derrière moi. Il restera derrière moi jusqu’à ce que je sorte de l’autoroute, trois sorties plus loin tel un ange gardien de ferraille, ayant mis lui aussi ses feux de détresse.

Malgré l’état de panique dans lequel je me trouve, je remercie de la main en sortant, il me fait un appel de phares et tchao.

Maîtrisant comme je peux, je fais donc le détour pour prendre un véhicule de service tout en pestant contre ma santé et celle de mon porte monnaie. Le plein est fait, c’est déjà ça !

Je prends le temps de prévenir de mon retard maintenant évident et je rejoins l’autoroute.

Petite journée pourrie : le parking attenant au bâtiment n’est plus accessible qu’aux salariés permanents, je stationne donc à cheval sur un trottoir. Matinée morose ou entre deux frissons je fais mon boulot. Pour une fois et là ça tombe mal, le matériel audio n’est pas installé. Quand je parviens à l’obtenir, je dois encore aller quérir le code confidentiel. Qui restera confidentiel puisque la personne qui le détient vient jusqu’à la salle pour en essayer trois avant de trouver le bon.

À la pause méridienne, j’arrête tout, en pensant trop tard que ce fameux code je ne l’aurais pas à la reprise de 13h30 et que cette personne serait encore entrain de déjeuner. Coquin de sort, je n’en peux plus !

Heureusement que les hôtesses d’accueil le connaissent !

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L’après-midi devrait être plus intéressant puisque je préfère ce type de réunion. J’espère en vain puisque je suis obligée d’indiquer à une candidate que sa fille de vingt ans qui l’accompagne ne peut pas assister à la réunion. La demoiselle, trisomique, ne l’entend pas de cette oreille et nous fait une méga-crise comme je n’en avais pas connu depuis mes stages durant ma formation initiale : cris apparentés à des beuglements, agitation des membres supérieurs et inférieurs en parfaite a-synchronisation accompagnés de menaces.

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Un peu débordée, la maman faisait de son mieux pour calmer cette furie que le reste du groupe regardait bouche bée. Devinez donc qui passait pour une salope méchante ?

Le père, pas concerné par ces évènements a tout simplement choisi de prendre la fuite :  « il ne supporte pas ses crises »

Et moi ! qui se pose la question de savoir si et pourquoi je dois la supporter, elle et sa crise. Et le groupe, qui se pose la question de savoir si et comment il la supporte…Je ne dis rien de cela mais je bous intérieurement et avec un zen qui n’est qu’apparent(j’ai envie de la fracasser cette chieuse autant que j’ai envie de bousculer la mère) j’intime à la gamine(désolée pour ses vingt ans) de se taire durant toute mon intervention, de ne bouger ni pieds ni pattes et de ne pas s’asseoir sur le radiateur qui n’est pas prévu à cet effet puis je reprends le cours de ma vie.

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Alors quand je reçois le coup de fil d’un « ami » qui s’attend à ce que je passe le voir… En double file puisqu’il attend une « amie » de Dijon, j’ai épuisé toute la petite dose d’aménité dont je suis pourvue. Je suis fatiguée, j’ai la tête en feu, les lèvres fendues par la fièvre, je veux juste rentrer chez moi et qu’on me foute la paix.

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22 février, 2010

Rencontres d’un nouveau genre ?

Classé dans : bavardages,citations,humeurs,mode de vie,quotidien,reflexions,relations,societe — kinkajouunblogfr @ 0:46

 

photo0105.jpgCe qui a changé ? l’emplacement des repères de blaireaux ! Dans les autres siècles il y avait les bals populaires, les fêtes de village, autres stades ou rues de BiscamPas… J’ai failli oublier les bars, pubs ou boites de nuits…
Je suppose que ces lieux existent encore. Je ne fréquentais que les boites de nuits autrefois et je ne fréquente plus rien aujourd’hui.

 

Collègues ou connaissances se plaisent à vanter les atouts de tel ou tel site, avec ou sans droits d’accès, avec plus ou moins d’aménité : « ok encore une boucherie comme on met les putes en vitrine on laisse les sites gratuits pour les femmes« …

Pour ma part, jusqu’à ce que je me décide un jour que j’espère le plus lointain possible, à me payer un gigolo, je ne paye pas un droit d’accès pour montrer mes fesses et le reste.

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Doucinette, a presque craché sur une page de son blog après avoir découvert qu’il existe maintenant des sites pour personnes mariés. Pour ma part je trouve ça aussi banal que les autres sites. Banal et sordide.  Certains  veulent nous convaincre qu’il y a des sites où ne s’inscrivent que des célibataires alors que lesdits sites ne laissent pas la possibilité d’indiquer un autre statut. Et puis c’est une manière comme une autre de porter sur la place publique une hypocrisie bien gardée par toutes les composantes de notre société. Le scoop ? en 2010, hommes et femmes mariés peuvent s’envoyer en l’air en toute discrétion(quid du 5à7 traditionnel ? ), non seulement ils le peuvent, mais ils l’organisent là où auparavant le hasard faisait quelquefois bien les choses.

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Mais que les bonnes âmes se rassurent, il y a peu de chances de voir la face du monde changée durablement à cause de cette expression directe de la recherche de la baise à tout prix. Ce qui peut choquer, c’est que les femmes soient enfin sur le point de rejoindre les hommes au niveau de la goujaterie :

 

« Tu as une photo coquine de toi ? Tu as quel âge ? Tu n’es pas mon genre ! » Et, au suivant.

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Sinon tout va très vite, et qu’importe la distance :

Tu as vu la région pour laquelle je me suis inscrite ?

« oui et alors ma princesse le TGV c’est pas pour le prunes!!!! Mon mail xxx peux tu communiquer le tien ? »

Tu recherches quoi ? moi recherche cokines et sex, ça te dit ? mets la cam

- tu ne cherches que des rencontres éphémères ?

- ouais c’est marrant ! ça te dit ou non ? tu as l’air super bonnn, et moi suis ouvert à tout…
Autres temps, autres moeurs. Faut-il le déplorer ? personnellement je fais avec, comme avec la télé, comme avec internet  le téléphone portable ou le mac Do ! Je ne peux pas faire comme si ça n’existe pas.

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19 février, 2010

Ses étoiles noires

Image de prévisualisation YouTube

 

Je n’étais pas seule, non mais j’étais avec Lilian ! Vous en connaissez beaucoup de Lilian ? Non ! bon, donc il s’agit bien de Thuram.

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Non, pas le footballeur, mais l’ancien footballeur et pour faire taire les blagues vaseuses, depuis qu’il ne joue plus au foot, il utilise à de bonnes fins tous les neurones qui n’ont pas été détruits depuis sa vingtième année. Ses neurones mais aussi sa notoriété et je suppose une partie des sommes qu’il a gagnées en jouant.

La cause qu’il défend et pour laquelle il se déplace en France, ailleurs, je ne sais pas… Je vous passe l’attente fébrile, la discussion avec le libraire qui l’attendait devant la salle de conférence. Je n’ai pas pu m’empêcher d’aller le saluer d’ailleurs. Le pauvre, il avait la crève, la fièvre à 40° et n’avait qu’une envie, aller dormir.

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Après s’être défait de ceux qui lui faisaient signer les livres achetés à l’occasion de sa venue en ville, il est enfin arrivé à la salle de conférence avec une bonne demi-heure de retard.

Une petite  blague d’entrée en matière et le voilà  parti à traiter le vif du sujet . Il s’agit d’un projet de grande envergure, éduquer afin de mieux vivre ensemble. Permettre aux enfants de faire fonctionner leur imaginaire sur autre chose que des préjugés. Pour cela, nous devrions reconsidérer nos propres conditionnements, concernant la couleur notamment.Vous ne me croyez pas ? Pour ceux qui se croient blancs, prenez une feuille de papier blanc et approchez-là de votre visage face à un miroir. Pour ceux qui se vivent noirs, jaunes rouges ou verts faites pareils avec un papier de la même prétendue couleur que la vôtre.

 

 

Vous accepterez peut-être de vous considérer humain sans couleur hiérarchisée. Je n’ai pas encore lu son livre mais je sais qu’il a créé une fondation dont il convient quand on est curieux de regarder les objectifs et les statuts.

Véridique : ma dernière fille qui savait à peine parler m’a indiqué très sérieusement qu’elle n’était pas noirte mais marronne ! Elle était comme beaucoup d’enfants plus proche que moi de la réalité qui n’est ni consensuelle ni politiquement correcte. Une question est cependant très souvent éludée et elle l’a été ce soir aussi : celle du ressenti des enfants métis. Ni noirs, ni blancs, gris ou beige ? Ils sont perçus en France métropolitaine, le plus souvent comme leur parent le plus foncé avec les éléments négatifs s’y rattachant et aux Antilles françaises par exemple en lien »positif » avec leur parent le moins foncé.

Comme si un enfant dont le père serait suisse et la mère canadienne devait opter ou plutôt voir qu’à sa place on lui choisi la prétendue moins mauvaise image familiale…

Pensez donc, on admet maintenant en France qu’il existe une minorité visible. Est-ce à dire qu’il y a une majorité invisible ?

 

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J’admets avec ce cher Lilian qu’on progresse : de l’exposition universelle de 1931 où beaucoup de français européens découvraient  d’autres populations comme on découvre des animaux dans un zoo on en est aujourd’hui à débattre en place publique de la nécessaire cohabitation entre humains qui viennent tous de la même matrice !

Si le premier regard sur l’homme de couleur « noire »n’était ni lié à l’esclavage, ni à la colonisation, chacun et singulièrement chaque enfant qu’on dit noir pourrait se construire ses étoiles (celles de son propre firmament)avec des hommes et des femmes plus ou moins servis en mélanocytes.

 

 

De ma petite expérience humaine, je sais que cela n’est pas aisé. Quand on est inscrit dans une histoire depuis 1600 et des poussières, quand on est tous lié à quelqu’un du même village, quand le village en question n’est composé que de couples installés depuis plus de 23 ans et propriétaires de leur ferme, quand ceux qui viennent d’ailleurs ou de l’étranger ne sont que 0,4% de ce même village, quand il y a plus de décès que de naissances, quand les seules ouvertures sont celles de la télévision qui « rassure », parce que nous on n’est pas comme ça ! Quand voyager devient une tare car « il n’est pas indispensable de faire le tour du monde, puisqu’on est bien chez soi… je vois mal comment la mixité des idées, la confrontation avec l’autre réel pourrait avoir lieu.

Je ne vais la jouer ni fine bouche, ni pessimiste, je trouve seulement qu’on fonde beaucoup trop d’espoir sur les jeunes générations.

D’ici qu’on considère les hommes égaux en tous points grâce à leurs capacités personnelles mais universelles et non en fonction de traits ou caractéristiques prétendûment liés à leur couleur de peau j’ai comme l’impression qu’il se passera encore du temps.

Le combat des étoiles noires, pour la liberté et la dignité concerne tous les humains, il s’agit de ne pas s’enfermer mais de voir et d’accompagner le changement, de créer des liens pour vivre ensemble. Tout le monde n’est pas mûr pour cela.

 P.S. évidemment, il a signé le livre que mon aînée qui m’avait accompagné a acheté…il y a même un petit coeur dans la dédicace, malgré le taxi qui l’attendait pour l’emmener à la gare…

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