Plurielle

Je suis en paix avec le monde et je caresse l’illusion que tout va bien et que le monde est aussi en paix avec moi

12 avril, 2010

Lettre à un fils

Nous n’avions pas la télé lorsque j’étais enfant et souvent, le soir après avoir fait nos devoirs, nous être mis en pyjama et fini de souper, tous les quatre autour de la table sur laquelle était posée la lampe à pétrole, nous écoutions en riant ma mère nous raconter des histoires. Celle du cheval à trois pattes, celle des files d’attente interminables durant les restrictions de la guerre etc…

Ce dont je me souviens le mieux ce sont les histoires comme celle qui suit dont j’ai tenté de me souvenir. Truffée de fautes et d’approximations, d’aphorismes et de mauvais-français, on riait aux éclats et on en redemandait encore et encore. Ce mélange,  français/créole comme dans l’illustration sonore était la règle grisante , banale et quotidienne.

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Ma très cher fils,
Si aujourd’hui je prends ma plume pour t’écrire au crayon, c’est parce que ton pauvre père et moi n’avons plus de tes nouvelles. Ti as mis la charrie avant les bés quand ti es parti jambé dlô pour la mère-patrie.Ti as oublié tout bonnement que de mère y en a qu’ine ! Moi ! Moi qui ai trimé sous la chaille pour t’éliver avec la grâce de Dié. Je voulais que ti sois un bon ti bol’hombe pas un voyou en djiguidji. Ti es arrivé là-bas, dans la froidure et comme qui dirait que ta manman et la Matinik sont trop petites pou toi. Tu as marié une femme blanche et pé têt’ que ton caca est devenu blanc et qu’il sent bon. Ici là, c’est toujours plis ou moins marron et ça sent toujours mauvais mais nous on regarde pas ça et on voudré avoir un ti zing’ nouvelles de toi avant d’aller rejoindre le bon dié qui nous attend dans son paradis.

 

 

 

 

 

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Le gros cochon noir est mort, on l’a tié pour la nwel et on l’a partagé avec les voisins.

Chabine ne t’attend plis di tout pisque tu as fais ta vie là bas, actuellement en métropole. La pauvre, elle est femme seule et comme les allocations ne suffit pas pour élivé ton enfant je crois qu’elle fait malélivé près de la savane avec les gros touristes blancs qui descendent du bateau. Ton enfant-dehors avec elle est bien habillé et c’est un ti manmaille poli et qui a une grosse tête mabolo comme toi.

 

 

 

 

 

Un camion a écrasé ta tite sèr la semaine passée et tu n’as pli de tite sèr. On a mis les avis d’obsèques dans la radio et pour la date pour l’emmener au cimetière de La Levée, la S-pikrine a dit qu’on t’attend puisque tu es avec les « actuellement en métropole ». Comme tu es grand grec dans l’état français, tu vas prendre l’avion, y a plus Latécoère dépi dé lannés…pour venir l’enterrer et soutenir ton pauvre père qui comptait sur elle comme bâton-maréchal.

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Maintenant te voila soutien de famille et je te dis de suite, ta tâche va être dure avec tous ces malfinteurs qui veulent prendre la maison sur nous. Comme prévu le maire a louloudé jusqu’au derrière de ma grand-mère et il a fait le pont mais y a pas encore la rivière. Il a dit que ici-là c’était un trou crabe avec tous les macoumères qui se promènent et qu’il va faire la lumière dans ça.

Quand tu descends pour l’enterrement apporte un gros manteau avec la fourrure pour nous, pour bien montrer qu’on est des grands-gens. Prend aussi un ti queque chose pour toute la famille. On a loué un car occasionnel pour venir te chercher à laroport. C’est le maire de la Monésie qui nous l’a prêté.

 

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Comme tu joues plus aux dominos, comme les vié neg gros sirop, apporte tes jeux d’en France pour montrer que tu es un gros tchap.

Je t’embrasse tendrement et te dis à bientôt si Dieu veut, mon fils, mon enfant, mon petit.

9 avril, 2010

Tout peut advenir, mais cela est merveilleusement difficile.

Classé dans : amours,bavardages,belles choses,douceurs,humeurs — kinkajouunblogfr @ 22:35

 

bancnbsurfondbleu1.jpgD’abord il s’agit d’un monologue

Vivre aux rayons de son soleil, sous perfusion et non pas isolée comme naguère un rustre dans une province lointaine.

Reconnaître et savourer sa vigoureuse identité expressive et sensible. Accepter sans complexe que l’aisance et la beauté lui appartiennent autant que les nuages et l’eau des rivières sont des biens partagés

Oublier que j’ai peu de chances d’exister parce qu’il faut être présent pour exister.

Il me faut une résidence secondaire près de son cœur. La prouesse consistant à oublier que la distance peut ne pas être que géographique. Rester présente donc, et distincte des autres tentations pour prétendre à une discrimination positive consciente, être présente sans mendier légitimité ou reconnaissance, sortir de la relégation ou plutôt ne jamais tomber si bas, passer avant…

puis le dialogue s’instaure…

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7 avril, 2010

Tout le monde n’aime pas…moi si !

Classé dans : bavardages,belles choses,delire,passions,point de vue — kinkajouunblogfr @ 23:41

D’abord ce type de musique…
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Puis ce type de camions… Je ne suis pas normale ? pas grave ! ça me convient assez.

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un peu pétard comme couleur mais ça change des berlines.

kenrose70000.jpg Là, c’est certain , on verra la route, la couleur ? ça n’a jamais empêché un moteur de tourner.

 

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Si je deviens SDF, une maison comme celle-là me conviendrait. Si je ne suis pas SDF aussi d’ailleurs.

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On a un coucher de soleil en prime. La totale quoi !

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