Plurielle

Je suis en paix avec le monde et je caresse l’illusion que tout va bien et que le monde est aussi en paix avec moi

14 septembre, 2010

Baiser polaire

Je rêve énormément, pas des cauchemars comme je les crains, mais des rêves compliqués et longs qui me laissent épuisée au réveil.

Au réveil, je me sens sale, migraineuse, j’ai les yeux rouges, les mains écorchées, les muscles endoloris et trop saillants. Je suis surtout très fatiguée.

 

Les dernières nuits ont été glaciales malgré la couette, le bonnet et tout le reste. Les réveils sont bleus, le soleil réchauffe tout très rapidement et s’invite dans ma chambre…

Fatiguée de porter ces lourdes caillasses, fatiguée de jouer à saute-mouton avec mes émotions sur des ponts de vie hasardeux.

Franchement j’ai peur en passant (en esprit) sur ces

gouffres bleus et noirs, qui semblent sans fond. J’éprouve un grand sentiment de solitude, de déplaisir, de gêne… je ne suis  probablement pas la première à porter ces cailloux trop lourds pour moi, à avoir la vue brouillée, à vouloir dormir et ne jamais me réveiller. Rien ne me retient, rien ne me guide.

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Pourtant mon cœur et mon corps se sont déjà posés en des terres hostiles, en terrain inhospitaliers…

Tout me semble glacial, pourtant c’est encore l’été, mais tout pue la mort. Je ne perçois que des rides rocheuses, et rien ne casse la monotonie de cet enfer de glace. J’ai déjà franchi des collines, là je dois faire l’ascension d’une montagne ! A mains nues, sans équipement et cœur à vif ! C’est le rêve de toute une vie, qui aurait pu aboutir mais qui est tombé au fond d’un ravin.

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Une vie à rêver de lui alors que petite fille je découpais des images, des bouts d’images dans les magazines de vente par correspondance, pour me préparer mentalement à rencontrer mon fantasme sur pieds !

La température de son cœur est glaciale, et ça, je ne l’avais pas prévu ! Pourtant, émanait de lui quelque chose qui donnait une impression de calme et de sérénité.  » tout va bien(comme dab) »

Je suis au purgatoire et  je ne comprends pas ce mot, il est trop grand pour moi !

Nous avons il y a déjà un certain temps,  sous un ciel splendide pris des risques inutiles entre éboulis vif (mots dits, maux dits, maudits mots) (très) raide, et tête de pierrier fuyant(je ne sais pas l’histoire affective du monsieur). Gros bobo, qui ne cicatrise pas… j’ai l’adrénaline destructeur.

Peut être est-ce lié ? Je m’endors de moins en moins sereinement, je pense à l’éphémère de notre relation que nous voulions durable me semblait-il, mais je voulais à sens unique. Alors quoi ? entre deux glaciers, trois lacs et autant de torrents, il faut bien que j’apprenne à poser ma tente non !

Et j’ai cette putain d’inquiétude sourde qui me tient au ventre, qui ne disparaît pas. J’ai foutu un coup de canon dans le lac qui s’écoulait tranquille et depuis, je me réveille en sursaut. La petite maison de toile de mes draps ne peut pas me rassurer.

 

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Je me sens sale, je suis seule, je suis fatiguée, je voulais que nous soyons heureux. J’étais pleine d’énergie, cette immensité de perspectives que nous avions effleuré m’avait donné beaucoup plus que ce que je ne recevrais jamais. J’attendais du factuel, j’ai cru avoir du sincère ! j’étais habituée à ce qui épate, j’ai eu en plus, l’idée de la durée, ce que je croyais être une infinie désinvolture à mon égard, n’était qu’une façade pour masquer des sentiments que je ne savais pas mesurer tant ils étaient faux. J’ai eu, je l’ai déjà dit, l’impression de toucher mon fantasme, de me régénérer moi-même…Y a t-il une alternative au déchirement , une option viable après l’erreur de jugement ?

 

 

 

 

 

 

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Donc : ambiance de grande concentration, entrecoupée de jurons à faire pâlir les ours et de pleurs à concurrencer la montée des eaux due à la fonte des glaciers. J’ai le blues de lui…je veux rentrer à la maison…enfin dans ses bras ! Je veux me réveiller près de lui et voir tout ce que me cachent les nuages dans ses yeux ! Je veux le voir et me ré imprégner de lui. Je veux  ! seule, et mes rêves ne regardent que moi. Il est indifférent à ma personne, il l’a toujours été et moi je suis sidérée par cette duplicité dans laquelle il excelle. Ce que je croyais mon avenir n’était qu’un miroir aux alouettes, voué au néant autant que mes projets avec lui étaient immenses. Mes projets touchaient le ciel et lui m’a craché des glaciers en retour. L’issue est simple : retrouver mon chemin de vie. Y parvenir c’est faire l’ascension qui me réveille toutes les nuits.

Il m’a fait approcher l’absolu de manière presque indécente rien qu’avec la caresse de ses mains, sa présence inégalable, son calme, son grand corps rassurant et son regard vert. Comment accepter de renoncer à camper dans son ombre ? En me répétant que je n’ai pas le choix sans doute.

 

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Il est où ce grand brun au regard vert et miel ? Nulle part ! c’est cette réponse dont je devrais me contenter, c’est la seule qui devrait m’importer dorénavant. Ce salaud me colle à la peau.

4 réponses à “Baiser polaire”

  1. helianthine dit :

    Ma soeur, cet homme, ton fantasme t’a permis de faire ce que tu rêvais de faire sans en avoir l’énergie. C’est sans doute le sens de cette rencontre pour toi. Il t’a guidé vers la lumière. Mais il n’était programmé que pour faire un petit bout du chemin à tes côtés. Le reste tu vas le découvrir au hasard de rencontres prochaines, qui n’en est pas un (de hasard). Ne regrette rien, accueille ta colère mais ne te laisse pas envahir, accueille tes larmes mais qu’elles ne te noient pas, n’oublie pas que ta vie est un cadeau pour plein de gens (moi par exemple)!
    Puis tu sais ce que je crois, moi ? C’est que c’est pas un mec qui peut nous conduire à l’absolu comme tu dis, on doit l’atteindre toute seule ce truc dingue !

    Nine…c’est le chagrin qui m’emporte et je n’aime pas du tout ça ! je n’y étais pas préparée !

  2. point godwin dit :

    Je suis en train de finir Le point Godwin de Hallzey, très instructif, s’agissant des yeux verts insensés.
    Aujourd’hui, pas de news d’Ichou, mais à la vue de ce WC dans lequel git l’ange noir aux yeux verts, une aile a frappé mon esprit de son bec de cuivre: pic. Plaf.

    Une chasse d’eau comme une vague immense m’a balayée, balayée, emportée, canard wc, sani broyeur, à côté, makache!
    Ton ange vert de gris m’a doigté le cerveau comme un homme pénètre une grotte de nickel.

    Ichou était près et loin à la fois, mais je sentais sa présence sanitaire, oui, le lamas et le bonjo furent les deux premières images qui me vinrent en tête, puis janot lapin et le boucher Marius.
    Le petit singe, aussi.

    Puis…. Lui, il était là, face à moi, souriant et intègre. Son regard me disait:

     » as-tu compris?
    Point Godwin, rêves et jeux de rôle… »

    Et je contestais: « oui » dans un râle lascif.
    Tu vois, t’es pas seule, la nuit.

    On est nombreux la nuit en effet(comme la journéed’ailleurs), mais qu’est-ce que ça s’agite dans ta tête ! Il y a un monde fou là-dedans…

  3. jeanne dit :

    comme ça parle
    comme ça crie
    comme ça hurle
    mais le jour apaise
    calme les peurs
    un peu

    je t’embrasse
    superbe ton texte

    Oui ça cogne dans ma poitrine et dans ma tête…

  4. alex cessif dit :

    Tu le sais désormais, ce monde est plein de verrous de codes et de coffre-forts. J’ai trouvé lorsque j’ai cessé de chercher encombré d’exigence et de critères à la con. La durée comporte la routine et quand je pose mon oreille sur son ventre j’entends le train- train de l’habitude qui entre en gare. La durée gagne encore une fois, alors je feins l’indifférence jettant l’éponge de ce combat contre productif. Je me bats à l’intérieur sans attirer l’attention et me fabriquer des haines mis.
    Je ne renonce pas, j’accepte d’une vigilance sans défiance, le regard des autres perdants. Nomade temporaire et vagabond de l’amour, j’aspire comme tous les voleurs de poule à la sédentarité. Je l’aurai quand elle cessera de me surveiller, endormie par mon abdication.
    Fais gaffe car dans ce monde il y a aussi des pendules. No stress mais tic-tac,tic-tac, tic-tac…
    P.S: délaisse ce nauséeux point de Godwin pour celui de Graffenberg, plus funny.

    Je ne suis même pas voleuse de poules(ni de coqs) en revanche il est vrai que j’apprécie plus la rencontre du point de Grafenberg que le sinistre Godwing !
    Et ce tic-tac dont tu causes résonne bien fort …

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