Plurielle

Je suis en paix avec le monde et je caresse l’illusion que tout va bien et que le monde est aussi en paix avec moi

22 septembre, 2010

Veille du 22 septembre

Classé dans : chagrins,dans le retroviseur,enfants,relations,societe,voisins — kinkajouunblogfr @ 23:24

Circonstances douloureuses et tragiques devant lesquelles on ne peut que s’incliner…malgré l’affliction et la consternation.

Petite journée : couchée à 2 h, parce qu’il le faut bien, éveillée jusqu’aux premières lueurs de l’aube. Pour presque rien, une douleur résiduelle faisant suite à mon intervention chirurgicale et ce chagrin qui me hante quoique je tente de faire pour le reléguer. Il y a eu aussi ce mélange de colère et de déception provoqué par un refus qui m’a été opposé mais qui est venu appuyer sur une incompréhension totale du fonctionnement de certains humains.

Chez moi l’émotion est souvent la plus forte, c’est elle qui me mine là où ma raison a déserté depuis longtemps.

Et puis la journée s’écoule, avec un fait qui me surprend, un geste chirurgical, un effleurement dicté par les suites de l’opération m’a paru aussi agréable qu’une caresse, en avait toute la « tendresse ». Nous avions échangé trois banalités mon chirurgien et moi. Lui aussi aurait une une nuit écourtée. Nous sommes trop calmes sans doute ajoutait-il en rigolant ! Sans doute, sans doute …

La journée continue de se remplir et je prends plaisir à faire des gestes que je n’avais pas accomplis depuis des années : j’ai fait la vaisselle ! J’ai eu l’impression d’être dans un de mes jeux d’enfants quand je jouais à la poupée, à la dînette.

J’ai payé le parcmètre en bas de chez moi car il y avait des uniformes pas loin… J’ai regardé de haut la demi douzaine de véhicules de pompiers toutes sirènes hurlantes. Vu de haut, c’est pas mal !

jujube.jpg
Revoir mon grand fils ensuite, un plaisir ! Aller avec lui dans une pépinière, manger des jujubes cueillies sur un arbre donnant sur le petit parking de la mairie en discutant à bâtons rompus, un régal.

Auparavant j’avais eu mon neveu en conversation instantanée, son père était inquiet à son sujet il y a deux jours. Égal à lui-même, auto centré, mon neveu n’est pas inquiet pour lui même, il trouve qu’il va bien et moi radieuse je dis tout haut : je lui parle, il est vivant ! C’est tout ce qui m’importe à cet instant.

Puis, il y a eu un coup ce tonnerre, brutal, injuste, inique. J’étais simplement passer saluer une personne chère à son travail. Elle m’apprend qu’un de mes petits voisins s’est fait happer par un véhicule et qu’il y a perdu la vie !

20 ans !!!! J’ai vu sa mère enceinte, il y a 250 ou 300 mètres entre mon ancien domicile et celui où il a grandi. Il a fait sa scolarité de la maternelle au collège avec l’une de mes filles. Ce ne sont que des repères bien sûr, de ceux qui font les souvenirs d’une vie. C’est lui qui a donné à mon fils ses premières gerbilles…On a suivi durant trois ans l’évolution de son mainate qui s’était échappé, qui venait manger chez nous mais sans jamais accepter de se faire rattraper. Ce mainate a d’ailleurs fini par s’accoquiner avec une dame pie avec laquelle il filait semble t-il le parfait amour.

Il s’agit sur le plan des « informations » de ce qu’il est convenu d’appeler un fait-divers ! Je ne le déqualifierais pas, simplement je trouve injuste que ce gosse, comme d’autres ne dépasse pas cet âge qu’on dit faussement le plus beau. Il n’avait encore rien vécu ou si peu…

deuil1.jpg
Comment dire à son père, à ses frères, à sa mère ce que suscite ce départ, forcément prématuré ? Les mots ne sont rien, encore plus creux, plus insignifiants que dans d’autres circonstances.

Mort à 22h 20, le dernier jour de l’été de ses 20 ans. Je sais maintenant pourquoi j’ai fredonné depuis ce matin la chanson de Brassens. Pas pour lui… ce gamin je ne pouvais deviner que sa mère le pleurerait ce soir, meurtrie par cet évènement.

Quelque chose d’autre me donnait envie de dire ce matin : au diable vous partîtes  ! Pas ce petit bonhomme qui se voit faucher de si piètre manière.

cadillac2a.jpg
Adieu Nicolas, je te revois venant chercher le travail à faire pour le lendemain…
Toi aussi, de cette manière tu me dis de relativiser.

 

 

3 réponses à “Veille du 22 septembre”

  1. ALAIN dit :

    Pas très gai, tout cela !!!
    ARSENE GRISALI

    Où que se portent mes regards, la vie n’est pas gaie ! Et la fin encore moins.

  2. jeanne dit :

    la vie arrive
    forte
    et quand elle happe un jeune
    ça devient injuste
    comme une très mauvaise blague
    que l’on a du mal à comprendre
    je t’embrasse dans le vent qui souffle encore aujourd’hui

    Oui une très vilaine blague qui laisse les survivants dans l’affliction.

  3. simboubou dit :

    et le chauffard ?????

    Ce n’est apparemment qu’un automobiliste qui n’a pas vu Nicolas… le comble de l’horreur !

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