Plurielle

Je suis en paix avec le monde et je caresse l’illusion que tout va bien et que le monde est aussi en paix avec moi

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29 octobre, 2010

Balbutier le sens de ma vie

 

 

Je n’ai jamais participé à cette manifestation, mais j’aimerais me retrouver à la fête de la Toussaint dans un cimetière de Fort de France. Les bougies, les corps qui se touchent, se frôlent dans un même élan pendant la procession : se rappeler des défunts. Leurs tombes ont été nettoyées, récurées encore plus que d’habitude et cette rutilance sera illuminée par ces flambeaux …sauf si les codes européens en matière de sécurité publique sont passés par là !

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Je pense comme souvent quand j’ai le moral en berne, au pays de mon enfance où j’ai été souvent agressée, violentée par l’incompréhension des adultes. Oui, j’étais une enfant humiliée qui ne savait pas se dire, souvent prisonnière de la parole de l’autre… Humiliée à cause de son statut d’enfant, d’incomplet, de pas fini, de non-comprenant, n’ayant aucun savoir… Il en reste des traces chez l’adulte que je suis devenue, souvent prisonnière de l’avis des autres.
Bien sûr j’ai tenté quelques sorties, comme à mes sept ans pour répondre (en croyant monter sur mes grands chevaux) au fiancé de mon institutrice qui me demandait l’heure…avec un regard moqueur qui disait que je ne pouvais pas savoir lire l’heure ! Puis deux ans plus tard, en tenant tête à une amie de mes parents, qui me demandait d’obtempérer sans m’expliquer le bien fondé de sa demande que je prenais pour un ordre, forcément injuste et infondé….

Et puis il y eut ces moqueries et vexations dans le bus ou la rue, à cause de mon uniforme et de la religion qui lui était associée. Progressivement, je suis née au savoir quand j’ai accepté de voir au-delà des apparences, quand je ne me suis plus contentée de porter des jugements, quand je suis sortie des certitudes et ai dépassé certaines croyances, pour accéder peut-être à l’humilité, à une attitude qui me permette de laisser arriver l’imprévu… Seulement quelques petits malins aimeraient me persuader que je fais l’inverse, parce que je ne partage pas avec eux mon cheminement et mes convictions, parce que je refuse depuis longtemps de me laisser apprivoiser.
Je suis encore d’une violence incroyable envers moi-même. Toute cette violence que je me retiens d’infliger aux autres. Je sors progressivement de cette ornière et je tente désespérément d’exprimer ce que je ne sais même pas formuler en secret… Ce besoin de recevoir et de prodiguer de la tendresse couplée à une envie de hurler en tapant du poing… Ce n’est pas par hasard que je suis devenue, d’abord éducatrice puis formatrice et passe ma vie à essayer d’aider les gens à devenir artisans de leurs propres existences, même quand je rate la mienne. … Apprendre à communiquer me demande beaucoup de rigueur et l’injure la plus cuisante que l’on puisse me faire c’est de me dire que je communique mal, que je ne sais pas écouter.

Je me retrouve malgré moi sur la planète taire, étrange planète ou on ne dit que l’inutile, la météo et l’air du temps qui de toute manière font bon ménage.Comment passer de la rencontre à la relation ? Du virtuel au réel ? Comment avoir des relations durables, de celles qui rendent jolie ? Qui ne m’enferment pas dans mes cicatrices et leurs douleurs ?

Il arrive que l’on me trouve compliquée, que l’on me reproche de trop réfléchir. Si c’est être compliquée que de se poser les questions sur les effets d’un mot, d’un geste et au delà d’une attitude sur celui à qui ils sont destinés. Alors oui, je suis compliquée.

Si c’est être compliquée que de vouloir comprendre les mécanismes qui signent la fin d’une relation. Et bien oui, je suis compliquée.

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Si c’est être compliquée que de tenter de conserver des amitiés ou des amours que je crois m’être bénéfique. Alors, oui je suis compliquée.

Si je refuse de faire honte à la petite fille que j’étais en refusant d’écouter les zadultes autour de moi qui me disent de tourner la page. Alors oui, je suis compliquée.

Je cherche du sens, sans cesse parce que pour moi, c’est nécessaire qu’il y en ait un ! Tant pis s’il n’en est pas de même pour tout le monde. Le manque de sens me panique et me tétanise. Le sens, je ne sais pas toujours le formuler, je mets du temps à le trouver car il m’échappe comme un parfum que je ne sais pas associer à une fleur.

Et si je veux que le sens corresponde à mes désirs, et bien oui, en plus d’être compliquée, je suis utopiste. J’attends de retrouver cette relation qui me semblait une évidence…

24 octobre, 2010

Une et plusieurs à la fois

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Premier tableau : dans la vraie vie
ça doit être beau les antilles c’est à côté de la Martinique ou de la Guadeloupe ?  Non c’est en Noirie !

Tu connais quelqu’un…pour un hébergement gracieux chez l’habitant ? C’est tellement cher déjà le voyage  ! Ah… Tu y vas l’été prochain, on pourrait y aller en même temps que toi, ça fera comme une ouverture, ça réduirait les frais de location. Mon mari adore ces pays-là mais il a des craintes quand même.

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La tolérance, la bonhommie, les plages, les cocotiers, les doudous,les costumes, les madras et puis besoin de rien, vous avez les fruits, et la mer !

- Putain ! tu as déjà hébergé des gens, toi l’autochtone ? ça faciliterait pourtant la vie de plein de gens qui arrivent et qui se perdent dans vos règles sociales, le racisme primaire et autres à priori.

Vous savez comme c’est étrange, quand on arrive en France l’hiver…Cette buée comme de la fumée qui s’échappe de notre bouche et puis on voit des blancs partout, même au volant des camions. On l’avait imaginé mais ça nous aiderait d’être chez l’habitant pour appréhender ça, et les légumes qui nous sont inconnus sur les étals de vos marchés et beaucoup de choses encore.

Les cheveux crépus, je ne pensais même pas qu’on pouvait démêler ça  ! dixit la maman adoptive d’une enfant de couleur…Déjà qu’elle ne dit pas crêpés, on ne va pas lui en vouloir, hein ?

Dans la vraie vie, je suis souvent en colère et je le tais !

Second tableau : le monde virtuel

Tu aimes sucer les grosses bites toi ? Il y a des choses que tu n’aimes pas dans le sexe ? Comme toutes les antillaises, tu as ça dans le sang, comme la danse. ça doit rentrer comme dans du beurre… Je bande rien que d’imaginer ton cul. Tu préfères à deux ou à trois mecs ? On va s’éclater ! On pourrait aller dans un club échangiste, tu fais ce que tu veux !!! Il est génial.

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- Comment ça je t’ai vexé en te traitant de bâtard et en te suggérant d’y emmener tes filles et ta mère ?

Ah bon ! Je devrais culpabiliser d’avoir si mauvais caractère que je te prive de jouir de mon cul ? Pauvre taré ! Une femme peut être autre chose qu’un sac à foutre selon toi ? Pas sûr !

Dans le virtuel, je ne cache pas ma colère.

 

 

 

 

Troisième tableau : social et relationnel

Elle a une trentaine d’années. J’ai d’abord repéré le fauteuil roulant, vide de tout occupant sur la place. Mon regard l’a vite située, de dos elle marche, non ! Elle trottine et quelqu’un l’aide à rester en position verticale. Un peu plus tard, je suis comme d’autres personnes, accoudée au parapet face à un ouvrage d’art, elles arrivent dans mon dos, et je suis la seule à me pousser puis à lui céder la place.

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Très spontanément on a échangé malgré ses difficultés d’élocution, traces laissées par un accident de la route dont elle a été la victime quand elle avait 6 ans. De fil en aiguille, j’apprends qu’elle a été dans le premier établissement où j’ai travaillé…Son accompagnante revient avec le fauteuil qu’elle était partie chercher. Et on discute un peu, de ce plaisir de rencontrer les gens et pas seulement leur enveloppe de handicapé, de noir, de petit, de gros ou de toute autre catégorisation. Parce que toute catégorisation est réductrice  et qu’il n’y a pas deux êtres humains qui soient identiques. Il y a, malgré une certaine forme d’universalité plus d’éléments qui différencient les individus que de points communs. Chacun ayant son identité propre, une histoire et une personnalité spécifique, des goûts particuliers etc…Même si on fait tous partie d’un tout qui nous dépasse : l’Univers ! On se quitte sourire aux lèvres…

 

Dernier tableau : sentimentale, fleur bleue et à fleur de peau

Je succombe à la première gueule d’ange venue quand l’équilibre est rompu entre l’individu que je suis et mes aspirations diverses ! Le sommeil me fuit,  je cours après mes rêves et je me retrouve étendue, sans  personne à serrer contre moi, sans peau à caresser, sans lèvres à embrasser et sans ses mains qui pétrissent mon corps. J’ai le coeur au bord des yeux…
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Alors là, dans le silence, je rêve de douceur, je titube vers ce que je crois être une renaissance. Puis mes yeux se voilent de ténèbres, ma vie devient une oasis desséchée par l’eau et le sel de mes larmes.

Pour les sentiments, j’erre de désert en déserts.

23 octobre, 2010

Ton Ange

Classé dans : amours,chagrins,douceurs,musique,passions — kinkajouunblogfr @ 0:58

On m’a fait écouter ça  :
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J’ai envie de piquer les mots glanés ici  que je colle aux miens :

J’ai aimé les rues de la ville
Quand elles parlaient de toi

Avant qu’elles ne parlent de toi
Elles m’indifféraient

Après,
Elles me sont devenues
insupportables

Et puis, à force d’attendre un signe même infime de toi
pourvu qu’il soit tendre
Je me suis fissurée.

Aujourd’hui, je longe les murs
je le fais si bien…

J’agis avec mes propres références…oubliant que nous n’avons pas les mêmes et que c’est normal. Je croyais que c’était important de se dire les choses…

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Tout en longeant les murs, j’ai vu s’éloigner de moi l’homme de ma vie, à la vitesse de l’éclair,  sans pouvoir esquisser un geste qui lui fasse baisser la garde.

Il y a pourtant trop de soleils qui étaient disposés à nous réchauffer parce qu’on était bien ensemble.

J’ai un peu peur de ce qui m’attend, j’ai même très peur, je ne veux pas que vienne demain.

 

 

 

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