Plurielle

Je suis en paix avec le monde et je caresse l’illusion que tout va bien et que le monde est aussi en paix avec moi

24 octobre, 2010

Une et plusieurs à la fois

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Premier tableau : dans la vraie vie
ça doit être beau les antilles c’est à côté de la Martinique ou de la Guadeloupe ?  Non c’est en Noirie !

Tu connais quelqu’un…pour un hébergement gracieux chez l’habitant ? C’est tellement cher déjà le voyage  ! Ah… Tu y vas l’été prochain, on pourrait y aller en même temps que toi, ça fera comme une ouverture, ça réduirait les frais de location. Mon mari adore ces pays-là mais il a des craintes quand même.

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La tolérance, la bonhommie, les plages, les cocotiers, les doudous,les costumes, les madras et puis besoin de rien, vous avez les fruits, et la mer !

- Putain ! tu as déjà hébergé des gens, toi l’autochtone ? ça faciliterait pourtant la vie de plein de gens qui arrivent et qui se perdent dans vos règles sociales, le racisme primaire et autres à priori.

Vous savez comme c’est étrange, quand on arrive en France l’hiver…Cette buée comme de la fumée qui s’échappe de notre bouche et puis on voit des blancs partout, même au volant des camions. On l’avait imaginé mais ça nous aiderait d’être chez l’habitant pour appréhender ça, et les légumes qui nous sont inconnus sur les étals de vos marchés et beaucoup de choses encore.

Les cheveux crépus, je ne pensais même pas qu’on pouvait démêler ça  ! dixit la maman adoptive d’une enfant de couleur…Déjà qu’elle ne dit pas crêpés, on ne va pas lui en vouloir, hein ?

Dans la vraie vie, je suis souvent en colère et je le tais !

Second tableau : le monde virtuel

Tu aimes sucer les grosses bites toi ? Il y a des choses que tu n’aimes pas dans le sexe ? Comme toutes les antillaises, tu as ça dans le sang, comme la danse. ça doit rentrer comme dans du beurre… Je bande rien que d’imaginer ton cul. Tu préfères à deux ou à trois mecs ? On va s’éclater ! On pourrait aller dans un club échangiste, tu fais ce que tu veux !!! Il est génial.

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- Comment ça je t’ai vexé en te traitant de bâtard et en te suggérant d’y emmener tes filles et ta mère ?

Ah bon ! Je devrais culpabiliser d’avoir si mauvais caractère que je te prive de jouir de mon cul ? Pauvre taré ! Une femme peut être autre chose qu’un sac à foutre selon toi ? Pas sûr !

Dans le virtuel, je ne cache pas ma colère.

 

 

 

 

Troisième tableau : social et relationnel

Elle a une trentaine d’années. J’ai d’abord repéré le fauteuil roulant, vide de tout occupant sur la place. Mon regard l’a vite située, de dos elle marche, non ! Elle trottine et quelqu’un l’aide à rester en position verticale. Un peu plus tard, je suis comme d’autres personnes, accoudée au parapet face à un ouvrage d’art, elles arrivent dans mon dos, et je suis la seule à me pousser puis à lui céder la place.

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Très spontanément on a échangé malgré ses difficultés d’élocution, traces laissées par un accident de la route dont elle a été la victime quand elle avait 6 ans. De fil en aiguille, j’apprends qu’elle a été dans le premier établissement où j’ai travaillé…Son accompagnante revient avec le fauteuil qu’elle était partie chercher. Et on discute un peu, de ce plaisir de rencontrer les gens et pas seulement leur enveloppe de handicapé, de noir, de petit, de gros ou de toute autre catégorisation. Parce que toute catégorisation est réductrice  et qu’il n’y a pas deux êtres humains qui soient identiques. Il y a, malgré une certaine forme d’universalité plus d’éléments qui différencient les individus que de points communs. Chacun ayant son identité propre, une histoire et une personnalité spécifique, des goûts particuliers etc…Même si on fait tous partie d’un tout qui nous dépasse : l’Univers ! On se quitte sourire aux lèvres…

 

Dernier tableau : sentimentale, fleur bleue et à fleur de peau

Je succombe à la première gueule d’ange venue quand l’équilibre est rompu entre l’individu que je suis et mes aspirations diverses ! Le sommeil me fuit,  je cours après mes rêves et je me retrouve étendue, sans  personne à serrer contre moi, sans peau à caresser, sans lèvres à embrasser et sans ses mains qui pétrissent mon corps. J’ai le coeur au bord des yeux…
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Alors là, dans le silence, je rêve de douceur, je titube vers ce que je crois être une renaissance. Puis mes yeux se voilent de ténèbres, ma vie devient une oasis desséchée par l’eau et le sel de mes larmes.

Pour les sentiments, j’erre de désert en déserts.

6 réponses à “Une et plusieurs à la fois”

  1. ALAIN dit :

    J’aime bien ce que tu as écrit: » J’ai le coeur au bord des yeux » !!!
    ARSENE GRISALI

    Ce n’est même pas de la poésie…mais une réalité au quotidien. Merci quand même.

  2. jeanne dit :

    nous sommes quand même vivants ….

    tendresse matinale

    Je me demande si ça suffit pour être heureux

  3. jeanne dit :

    faut il parler toujours de bonheur ?
    être heureux
    qui aujourd’hui ose le dire ?
    je suis loin d’être malheureuse
    (parfois oui)
    mais je ne nage pas dans le bonheur
    je suis vivante
    je souris
    oui faut !!!

    Il m’arrive de sourire…de moins en moins pourtant ! Et moi, j’ai envie de bonheur. Si un jour j’en suis rassasiée ma quête n’aura pas été vaine.

  4. jeanne dit :

    je viens te relire
    et je ris !!!!
    ben oui
    bises bises du sud


    Je fais rire et je ne ris pas, c’est un comble, ça !

  5. Alex C. dit :

    Mémoire d’un voyage en train passant vers Montpellier :
    extrait de vie et de pensées moroses. t’en veux une tranche?
    « Tourner la page, fermer le livre et les écoutilles. Être étanche pour ne pas sombrer. Il vécu cette double décennie de résilience à cultiver, sur ce terreau sombre comme de la tourbe, d’autres roses de la vie à la rencontre de « belles passantes », à ne pas se laisser emporter par la douceur de la nostalgie qui revient toujours plus forte comme une vague attaque la falaise et risque devenir, par effet domino, le tsunami dévastateur de la mélancolie. Ambivalence des sentiments, quand il cessa d’aimer, il cessa de détester.
    « Puis, enfin le regain: Vivre pour aimer et aimer vivre. Avec Juliette Sauveur à la reconstruction
    - « jeu équestre, en six lettres ? Lui demande son vis à vis féminin en train de croiser les mots.
    - étalon ? Tac au taque-t-il encore endormi
    - je pensais à « manège »
    - je pensais à la jument ! »
    Elle sourit.
    Faudrait pas laisser sécher pense-t-il, mais désormais monogame grâce à Juliette qui a pris le contrôle, conduit depuis déjà cinq ans sans dérapages et qui, si elle ne sera pas la femme de sa vie sera celle de sa mort ». Un tunnel, pas assez long pour une tentative de gynécologue avec la cruciverbiste, et la Méditerranée explose de soleil et de mer au visage par contraste. » Je suis déjà venu le siècle passé, se souvient-il, en 69 marcher pieds nus du cours Belsunce au parc Borelly. »

    Tu peux t’arrêter à ton prochain périple, je te montrerais le palais du roi défunt.

  6. Alex C. dit :

    « Dans d’autres circonstances »
    Nan ! je déconne avec plaisir, un jour, peut-être: « le roi défunt » ça donne envie de réveiller « la belle au bois dormant ».

    Le roi…c’est le président de Région…mais l’idée du réveil de la belle endormie est belle ! Ah !!!! si j’étais belle que n’attendrais-je le prince qui viendrait me réveiller. J’ai trop lu de contes, je ne savais pas alors qu’il n’y a qu’une fée qui compte…

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