Plurielle

Je suis en paix avec le monde et je caresse l’illusion que tout va bien et que le monde est aussi en paix avec moi

  • Accueil
  • > Archives pour novembre 2010

29 novembre, 2010

Jours de chance

Classé dans : bavardages,belles choses,humeurs,mode de vie,quotidien,relations,societe — kinkajouunblogfr @ 9:42

Une nuit d’insomnie (comme toutes les nuits) je discute avec un internaute. C’est sans doute plus qu’un internaute puisqu’on discute de son chômage, de son abruti de conseiller pour le pôle-emploi, de son amour enfui et de ses cours de danse. On parle aussi de mes nombreux et incessants déboires…de ma tristesse et il me conseille même de laisser voir à mes enfants que je suis vulnérable et perméable aux sentiments.
C’est à peu près le seul à qui j’avais exprimé mes craintes concernant mes finances vu que, divorce et répartition du patrimoine tardent à venir. Bon coeur, il était prêt à faire l’usurier et à m’avancer les sommes qui me faisaient défaut, sans même savoir à combien elles s’élevaient. Pas totalement irresponsable, j’avais refusé. Le propos de cette nuit-là, a trouvé une solution inespérée.

http://www.dailymotion.com/video/x1e1ya

Les choses ne se passant jamais pour moi simplement, il a fallu une once de drame, dont je me serais bien passé. Le rendez-vous que je sollicite avec un conseiller financier n’est possible que 10 jours plus tard…malgré ce que je perçois comme une urgence, rien ne m’est proposé plus tôt. Le matin du rendez-vous, je vais vérifier l’heure de celui-ci au guichet ! Pourquoi ai-je fait cette vérification ? Je n’en sais rien ! Toujours est-il que la personne chargée de « l’accueil » me répond laconiquement qu’il n’y a pas de rendez-vous noté à mon nom et que tous les conseillers sont pris avant de renseigner celui qui me suivait. entte.jpgJe suis rentrée chez moi ventre à terre pour appeler la plateforme afin d’en obtenir un autre ! On me promet de me rappeler en début d’après-midi, mais évidemment, rien ne vient…Lorsque je rappelle c’est pour m’entendre dire qu’on ne va pas y arriver à cause de mes horaires de travail…mon heureux caractère m’a bien entendu fait envoyer balader cette dame qui aurait préféré me savoir au chômage alors que tout comme elle je gagnais ma vie, et pas de 1h à 7h du mat.  Avec des revenus moindre qu’elle certainement mais quand même ! Je fais le forcing, je refuse le rendez qu’elle me propose pour début décembre sachant que l’institution bancaire prélève déjà des frais qu’elle nomme pompeusement frais d’intervention. J’obtiens ô miracle le même rendez-vous, à la même heure et avec le même conseiller que le rendez-vous initial.

Dans la semaine j’avais été contactée par « mon » conseiller qui s’était pris un savon en s’autorisant à me joindre sur un numéro de portable que je ne lui ai jamais communiqué vu que je n’avais jamais eu de contact avec lui et que son prédécesseur avait obtenu ce numéro par un moyen détourné !

Enfin bref ! malgré l’air ahuri du jeune de l’accueil qui mâchait son chewing gum et ses mots, j’ai attendu patiemment durant un quart d’heure, que l’heure de mon rendez-vous pour négocier un prêt à la consommation arrive.

Deux minutes  avant, il communique par téléphone avec un homme assis dans un aquarium et tous deux s’échauffent, lui parce que je lui ai annoncé le nom et le prénom de la personne que je viens voir et l’homme du bocal parce qu’il n’a pas de rendez-vous prévu et que mon conseiller serait disponible s’il en croit l’emploi du temps qu’il peut consulter.

Je fais celle qui n’entend ni ne voit, ce qui oblige mr du bocal à sortir de son bureau, me suggérer de prendre un autre rendez-vous, je refuse, il me reçoit dans son bureau, me fait asseoir  puis négocie avec mon conseiller que celui-ci fasse son boulot : qu’il me reçoive.

Mr du bocal est affable et souriant ! Ce qui ne l’empêche pas d’atterrir sur les roses quand ses questions sont plus proches de celles de l’assistante sociale que du bailleur de fonds. Je suis enfin reçue par la personne chargée de …ne rien faire sur les sommes que je perçois mensuellement et qui proviennent de mon employeur. Pfff, je n’ai même pas de revenus occultes.

L’accent du midi ne me dérange pas quand je l’entends dans la rue, mais derrière un guichet, le ton petite frappe me déplait assez, je passe outre et comme c’est notre première rencontre je tente une ouverture : je transmets à « mon conseiller » les salutations d’une collègue dont il avait eu à gérer les comptes auparavant.

Il utilise les services de quelqu’un que j’ai formé, il en profite donc pour se renseigner sur le contenu de la formation dont elle a bénéficié. Bon, j’abrège…

Ce type me demande l’objet de mon rendez-vous et m’apprend que le prêt que je sollicite n’est pas utile puisque l’épargne dont je dispose couvre largement le montant concerné.

despiecesdemonnaieillustration.jpg
Je ne savais pas que j’avais une épargne…C’est la première fois qu’une telle chose m’arrive ! Je suis ravie, soulagée et plus encore. Je ressors de la banque beaucoup moins tendue que lorsque j’y suis entrée.
Quelques jours plus tard, je reçois un courrier de l’administration qui m’emploie…Je suis éligible au GIPA, la garantie individuelle du pouvoir d’achat, je ne savais même pas que ça existait ! A ma solde du mois de novembre j’aurais donc comme un rappel. Ouf ! Si je joue au loto…vais-je gagner ?

27 novembre, 2010

Boite de déception

Classé dans : bavardages,quotidien — kinkajouunblogfr @ 1:37

motdepasse1.jpg

 

 

Tous les jours je vais sur ma boite de déception ! Tous les jours, fidèle à elle-même, elle me crache ses réclames puis mon indigence affective. Tous les jours elle me confirme ma déception. Comme pour me rappeler que je ne dois pas m’égarer dans des rêves chimériques. Elle est forte car elle exerce sur moi cette attraction à laquelle je ne sais pas résister. Il faut toujours que j’aille vérifier les mauvaises nouvelles qu’elle me transmet. Elle n’y est pour rien ! Elle n’est que la dépositaire de ce qu’on y met, et moi, récipiendaire je fais des incantations pour qu’une fois au moins elle soit clémente dans ce qu’elle a me communiquer….

 

Et en dehors de ça, tu racontes ?

Et elle accepte ! Elle commence à raconter d’une voix monocorde comme si personne n’était là à l’écouter.

araigneevioloniste.jpgElle dit : araignée du soir…espoir ! En suivant son regard, il y a une petite araignée par terre, à quelques pas. Il faut suivre son regard, parce que rien d’autre que ses yeux ne bougent, si ! ses lèvres quand elle murmure ensuite la tirade qui suit.

S’enfoncer petit à petit, personne ne s’en rend compte parce que le bonheur et la bonne humeur, c’est ce qui se voit le mieux. ça se voit parce que le reste est caché et fait honte. Mais il y a des signes qui ne trompent pas. Prendre un repas par jour, ce n’est pas pour le fun, ce n’est pas pour maigrir, c’est pour économiser : ça coûte cher de manger ! Et il faut économiser sur tout. Deux heures de chauffage par jour…c’est pour les mêmes raisons ! Mais ça ne se dit pas, tu le sais hein ? On ne dit pas non plus les heures d’attente insoutenables intolérables et stériles. On montre l’impassibilité ou alors une certaine bonhomie face aux aléas de la vie.

tristesse.jpgIl y a des signes qui ne trompent pas, tu sais les jeux captivent et sont un échappatoire des heures entières, les spécialistes ils disent que c’est une nouvelle forme de dépendance qui favorise l’isolement, plus isolé que seul, sans aucun lien affectif, on ne risque plus rien tu sais ! Mais il y a des signes qui ne trompent pas…se coucher au petit matin, se préparer à se lever moins de cinq heures après, regarder les minutes défiler en implorant que le temps arrête de s’écouler, s’accorder quelques minutes supplémentaires…finalement sortir du lit tard, trop tard, être en retard, pester à l’avance sur les encombrements routiers et la durée des feux rouges. Il y a des signes qui ne trompent pas, économiser au point de ne plus prendre de douche, ou alors pas souvent, oublier les convenances sociales, le bien-être procuré par une toilette minutieuse, reporter ce moment mais, puisqu’il est tard, remettre à encore plus tard. Compter sur l’improbable effet des températures hivernales, oublier qu’elles sont valables pour l’extérieur et que dans les lieux clos, le chauffage amplifiera les odeurs corporelles. Se dire qu’à plus de deux dans une pièce, les soupçons porteront sur un autre car on n’est pas connu pour ce laisser-aller. On la reconnaît par son parfum dans les couloirs… Et puis se rendre à l’évidence, ne pas faire son lit une fois, c’est un accident, ne pas le faire deux fois c’est amusant ne pas le faire trois fois, c’est de la démission.

bonbons.jpg

 

 

Il y a des signes qui ne trompent pas hein ? Ce visage où les rides se creusent, où les plis de l’amertume ne sont plus cachés sous la couche de fard, est le visage d’un désintérêt manifeste et systématique auquel rien n’échappe ! Il y a des signes qui ne trompent pas…c’est ça que tu voulais que je raconte ? Et maintenant que tu sais…qu’y a t-il de changé ? Le désespoir ne fait pas partie de ce que l’on partage, je remets le masque du bonheur, c’est plus respectueux, ça tient les curieux à distance ça n’appelle pas la morosité. Se montrer pétillante, ça c’est bien, ça rassure !

 

24 novembre, 2010

Après le séisme

Je vis ici vos hivers qui me sont étrangers,boislele2.jpg

Je rêve d’ici, aux racines  des palétuviers et aux bois « lélé »

Je dis ici la passion,

Je rêve de là-bas, maracudja.

Je bouge ici, biguine,

Je rêve des « la-djà » de là-bas.

Je vis ici la froideur,

Je rêve là-bas… douceur.

Parlez-moi de l’ailleurs

Parlez-moi de chaleur

 

 

ctemartiniquaise.jpgParlez-moi de la mer

Je ne dirais plus l’amer qui me laisse à terre.

 

 

 

 

 

ouraganbill.jpg
Ici, anticyclones, moi je rêve cyclones et tremblements de terre.

Je vis ici, coupée en deux par la blessure de l’exil pas seulement économique.

Mes mythes et légendes créoles cautérisent mes plaies, me font métisse.

Et puis il y a cette violence inutile qui m’ébranle comme un séisme et me renvoie à la matrice initiale, au berceau de mon enfance.

Le fatalisme ancestral devant les coups du sort que d’aucuns confondent avec  de la nonchalance prend péniblement forme par des maximes enfouies sous le magma du quotidien :

« Sé la vi ti ma fi …tchimbé raid »

Cette aptitude vitale à se créer une solide colonne vertébrale pour rester droit malgré les épreuves et ne pas courber l’échine dans l’adversité me fait défaut !

J’attends que l’on vienne frapper à la porte de mes rêves pour retrouver l’espoir, pour enterrer mes morts et ne plus jamais trembler pour ne pas subir les répliques du séisme qui entravent mon devenir.

Malgré la dislocation, ne pas m’endormir dans la faille.

ansegrosseroche.jpg

Oublier ce regard d’amour qui ne se pose jamais sur moi. Ne pas le chercher dans la foule. Oublier mes mains si tristes de ne plus avoir à lui offrir leurs caresses. Oublier ses yeux mi-clos sous ces mêmes caresses. Apprendre à aimer la solitude, en faire la chance d’un retour à l’essentiel.

alleedesflamboyants.jpg

123
 

royaumedeprincesse |
Quand il n'y a plus que des... |
bolduc |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Bulles de vie
| Les moments parfaits
| Journal d'une fille sans av...