Plurielle

Je suis en paix avec le monde et je caresse l’illusion que tout va bien et que le monde est aussi en paix avec moi

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13 novembre, 2010

Visa pour le meilleur

Classé dans : amours,bavardages,chagrins,passions,quotidien — kinkajouunblogfr @ 0:43

 

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J’aime deux choses durant l’automne, marcher sur les fruits tombés à terre des micocouliers et choisir un parapluie assorti à mes habits. Pour le reste…

Ce sont des feuilles, rouge sang et d’autres qui tombent près d’un banc citadin seul et triste.

p1040673.jpgC’est aussi cet oisillon qui flotte noyé dans le bassin surpris par la bourrasque et le froid qui ne lui ont laissé aucune chance.

C’est tellement moche en attendant l’hiver que ça me fait le coeur lourd sans même que j’ai besoin d’invoquer mes tracas.

Cette saison appelle le non ! On dirait une sorte d’antichambre du sombre, du froid, même si les vignes s’obstinent à se parer d’or au soleil couchant comme pour dire que tant qu’on respire, même si on a mal, c’est qu’on est vivant. Elles s’obstinent à vouloir, couleur miel qu’on espère en des jours meilleurs.

 

 

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Alors je chante, je danse en fermant les yeux car les garder ouverts, c’est ne rien voir à cause des larmes trouble.jpgqui floutent même les souvenirs.

 

Quand je les rouvre, certains objets d’un passé douloureux me font des clins d’oeil ! Alors je referme vite ces fenêtres sur la morosité qui me rappellent que le temps qui passe n’efface pas forcément les mauvais souvenirs. Il les estompe pour éviter que les tracas passés et présents ne viennent  hanter mon sommeil.

Et puis il y a ce coup de blues, prévisible, mais dont je refusais de voir les prémices. J’ai traîné, j’ai tergiversé, j’ai montré à tous que tout allait bien dans le meilleur des mondes, j’ai voulu taire l’idée même du plaisir et des manques. Pas ici. Mais ici, il n’y a pas de témoin du quotidien, ici les mots m’échappent et ne sont pas toujours sous contrôle.

J’ai tenté comme j’ai pu de toucher en vain, quelqu’un d’hermétique à ma détresse, parce que chacun à son histoire et son désarroi. Je me suis mise à nue, à  genoux pour espérer un geste qui ne vient pas, qui ne viendra peut-être jamais. La sincérité, ça n’a de valeur qu’en littérature.

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Quelqu’un d’autre a été témoin malgré moi de mon désarroi, à distance, mais quand même ! Désolée camarade de t’avoir fait partager ça ! Et merci de la main que tu me tends mais que je refuse.

Marcher, pleurer, marcher, renifler et regretter qu’il ne pleuve pas.

8 novembre, 2010

Une belle rencontre

Classé dans : bavardages,douceurs,enfants,famille,humeurs,relations — kinkajouunblogfr @ 2:11

C’est une journée que je commence avec beaucoup d’espoir. Je me réveille, non pas grâce au réveil, non pas grâce aux oiseaux, non pas grâce au soleil, mais parce que le rêve que je fais me jette à bas du lit : je le présente à ma fille aînée aujourd’hui !!!

Je vous passe les détails, mais tout y est ! Il se trouve qu’aujourd’hui demoiselle vient déjeuner et qu’elle passera presque toute la journée avec moi. Alors ce rêve me perturbe un tantinet car, d’une part, demoiselle fait des efforts considérables pour accepter ma séparation d’avec son père et pour se rapprocher de moi. D’autre part ça fait un siècle que je n’ai pas vu Bel-ami. Alors si ce rêve devait se réaliser j’ai moins de deux heures pour devenir funambule.

sesyeux.jpgIl m’a écrit hier donc il est peu probable qu’il se manifeste aujourd’hui, ce rêve m’agace autant que j’aimerais qu’il se réalise…

La vie, ça s’affronte seul ! Et ça, je ne l’ai pas en moi… Je n’ai pas de blessures physiologiques, pourtant je suis épuisée, cassée, vidée, mais j’ai envie d’avoir une belle journée.

Je suis tourmentée, je cherche quelque chose d’inaccessible dans un environnement où je n’ai pas ma place. Le plus souvent je passe mon temps à rebrousser chemin. Je ne décide de rien et tous les paramètres me sont dictés pas l’extérieur, quelque-soient mes objectifs. Je tente de parvenir à un équilibre qui s’éloigne chaque fois que je pense l’atteindre. Mais je le répète, j’ai envie d’une belle journée, alors je commence par me persuader qu’on n’est pas samedi, que ce n’est pas le week-end. J’ai juste un jour de vacances !

Je m’attarde sur quelques jeux en ligne puis je fais la ménagère. J’étrenne mon lave linge, je fais la vaisselle, mon lit etc…

Demoiselle arrive, on cause, on déjeune.

Nos échanges sur ses projets professionnels sont passionnants, elle réfléchit, pèse le pour et le contre et semble apaisée dans ses envies malgré la pression des concours. Elle recommence à en passer dès lundi. J’espère pour elle que cette année sera la bonne.

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En fin d’après-midi, je me suis maquillée, vêtue de façon à ne pas détourner le regard si je devais en croiser un, puis je suis partie traverser la place de la Comédie…juste au moment où la manifestation remontait vers la Préfecture en beuglant l’Internationale, c’était tentant, j’ai beuglé à l’unisson.

pouponrouxjpg.jpgC’est en repartant faire mes vingt minutes de marche que je les ai rencontrés. Deux petits bonshommes, 8 et 6 ans, métis peut-être, coiffure afro, clairs de peau, mignons comme peuvent l’être les gosses. Le plus jeune a des tâches de rousseur sur le visage. Ils se sont détachés d’un petit groupe, tous revenaient d’un entraînement de foot.

Je marchais plus vite qu’eux et au moment où je les ai rejoints, l’aîné interdisait à son cadet de toucher à un chaton mort. Comme le petit insistait pour vérifier… »il respire peut-être encore » ! J’ai confirmé le constat du grand en disant que la veille au soir il y était déjà.

 

 

 

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- Ah bon ! Qui a fait ça ? Tu l’as vu ? Le pauvre, c’était encore un bébé !

- J’aurais bien voulu en avoir un, rajoute le grand. Mais je l’aurais d’abord emmené chez un docteur pour vérifier qu’il n’ait pas de maladies.

- Un vétérinaire, lui dis-je !

- Oui, c’est ça, le médecin pour les animaux…

Et nous voilà, cheminant ensemble tout en devisant sur les conditions probables entourant la mort de ce chaton. Je crois avoir oublié la plus réaliste : il a dû être projeté sur le trottoir par le tram, vu la proximité de la voie.

On a continué de marcher ensemble jusqu’à leur immeuble. J’y ai habité deux ans il y a 20 ans ! En y arrivant le grand m’a demandé de quelle origine j’étais après m’avoir dit que sa maman était camerounaise. Puis, quand je lui ai dit où j’étais née : elle a beaucoup d’amis de la Martinique, mais pas nous !

Alors que je leur disais au revoir d’un signe de la main, le grand m’a ému aux larmes par ces mots : bonne fin de journée, j’ai été particulièrement heureux de faire votre connaissance…

Ce n’est pas grand chose, mais dans mon désert affectif actuel, le niveau de langage de cet enfant , notamment cette dernière phrase m’a touché.

 

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J’ai pensé en rejoignant ma voiture, que sans l’avoir calculé, je venais de vivre la joie de cette rencontre avec intensité. Le vrai bonheur goûté en son temps…il en précédait un autre, puisque j’allais chercher  deux de mes filles pour passer ensemble une soirée mémorable.

1 novembre, 2010

Jour de l’an

Classé dans : bavardages,dans le retroviseur,famille,musique,societe — kinkajouunblogfr @ 23:09

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1er novembre, un lundi, comme un dimanche…Cabrel dans la radio.
Cette chanson m’a fait penser à mon premier jour de l’an en France. Une Horizon caramel, mon frère et moi, une copine et son frère. Les deux garçons avaient le permis de conduire, nous pas encore. Mon frère et le gars avec lequel je sortais à l’époque, paix à son âme…il est mort depuis, avaient acheté cette voiture à deux. C’était au tour de mon frère de l’avoir selon un calendrier que je n’ai jamais cherché à comprendre.

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Nous n’avions quasiment pas un sou en poche, en fait, il nous manquait à peu près 300 francs mais nous avions décidé de passer le jour de l’an à Paris !

Nous sommes partis dans la matinée et par l’autoroute, plus rapide pour arriver en fin de journée mais avec les frais de péage. Nous envisagions le retour par la route.

Le trajet aller ne me laisse que peu de souvenirs en dehors d’une pluie fine mais insistante à partir de Lyon et des grognements du copain chaque fois qu’on dépassait à l’aveugle un camion qui rejetait des trombes d’eau.

A notre arrivée, je suis partie en banlieue voir un ami de lycée, pressé de me détrousser dans un appartement taille boite d’allumette et insonorisé pareil, dans immeuble sordide dans un quartier glauque. Ce n’est pas cette image de lui que j’avais gardé de nos années-lycée ! Il avait un braquemart défiant toute concurrence mais je n’en avais que faire, tellement je trouvais son insistance entourée de …rien, incongrue et déplacée. Je suis sortie de ce traquenard avec une facilité étonnante, le laissant lui et son engin sous la douche où je lui avais demandé d’aller m’attendre le temps que je me déshabille soi-disant.

Je me suis donc éclipsée sans bruit pour me retrouver pour la première fois de ma vie dans une gare SNCF. Je n’en connaissais point les usages… j’ai vu sur les panneaux d’affichage que le train que je devais prendre était sur une autre voie que celle où je me trouvais. Dédaignant les indications affichées sur les voies, j’ai fait comme sur la route : coup d’oeil à droite, coup d’oeil à gauche et j’ai traversé.

Arrivée sur le quai d’en face, une vieille antillaise(elle devait avoir l’âge que j’ai aujourd’hui) m’a attrapé par le bras, m’a houspillé avec véhémence en français /créole pour me dire le danger auquel je venais d’échapper, et évoquant les sacrifices de mes parents qui ne devaient pas servir à un accident aussi bête après tant d’années… Bouche bée, souffle coupé, je ne pouvais qu’acquiescer et reconnaitre son expérience de la chose d’en-France ! Elle a ensuite remis de l’ordre dans mes vêtements…mon cou (fal moin) n’était pas assez couvert à son gré. Elle m’a invité également à acheter un vrai manteau assez vite pour ne pas attraper un mal cadi(maladie mortelle).

immeublelacourneuve.jpgAprès ces mésaventures, je me suis calée dans un compartiment pour rejoindre le reste de la bande dans une de ces tours remplies d’antillais en région parisienne ! Je m’y sentais à l’étroit mais les gens qui nous accueillaient se montraient disponibles, chaleureux et accueillants.

Pour en revenir à Cabrel, c’était le 45 tour que mon oncle écoutait en boucle chez lui. Je ne le connaissais pas romantique, je ne pensais même pas qu’il puisse écouter de la chanson française,  je découvrais cet aspect du personnage, douzième et dernier enfant de ma grand-mère maternelle. Il avait gravi les échelons sociaux : de plombier (débouche-caca) comme il disait,  il était passé au tarmac de Roissy ! Il racontait à demi-mot les horaires, le froid et  la contrainte de partir travailler au petit matin par tous les temps, mais semblait heureux d’être délivré des jets de merde de son métier d’avant.

On est parti danser ensemble et je l’ai encore vu différemment, roi de la fête, sexe symboliquement mis en avant auprès de la plupart des femmes présentes. Je n’ai pas étonnée que ses voeux soient « bonne baise » …

C’est à moi qu’il revenait le lendemain de lui demander de nous avancer la moitié de la somme qui nous manquait pour rejoindre le sud. Il m’a répondu qu’il n’avait pas cette somme et qu’on trouverait bien un moyen de rentrer puis est retourné à ses occupations.

Bredouilles et dépités, nous avons rejoint nos amis. Au bout de quelques kilomètres nous avons avoué notre déconfiture. Le copain s’est mis à jurer puis nous avons fait demi tour pour retourner chez leurs parents qui ont avancé la somme que nous avons remboursée ensuite avec nos bourses d’étudiants. L’ambiance du retour a été glaciale, chacun ruminant de son côté.

N’empêche ! j’aime bien cette chanson.

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Aujourd’hui aussi c’est férié : Je me suis fait une omelette aux girolles…hummm un délice… Puis j’ai ri toute seule à un délire basique à la télé : La tour Montparnasse infernale…un navet avec des répliques du genre  « on dirait une pizza quatre chaussures » et, « c’est de toute beauté » ou « personne ne bouge, sinon je tire une balle dans la tête à la main », et encore « tu vas m’aider à délivrer Marie Joëlle ou moi aussi tu vas me défoncer la gueule un à un ? » il y a aussi « on prend le vieux et le jeune vieux » … Je sais ! c’est nul mais je me tue à vous dire que je me balade sur une échelle de l’éclectisme défiant toute concurrence et que je me régale à tous les étages. Il n’y a que les sentiments qui foirent depuis toujours…

J’ai ruminé ce qui me mine et dont je dois me méfier ou me défaire … Je suis monstrueusement fleur bleue, mais ma chambre a d’autres couleurs.

 

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