Plurielle

Je suis en paix avec le monde et je caresse l’illusion que tout va bien et que le monde est aussi en paix avec moi

10 décembre, 2010

Klimt

klimt1.jpg

 

 

 

Pourquoi je pense à l’oeuvre de Klimt depuis quelques jours ? Klimt est un peintre de l’amour, de la sensualité et de l’espoir aussi. Il y a dans son oeuvre une ode à la féminité. Et puis j’aime la profusion de couleurs dans ses toiles.

J’ai revu en des lieux où je ne l’attendais pas l’une des sage-femmes m’ayant accompagné pour mes trois grossesses et mes accouchements. Elle a fait parvenir à ma conscience des réminiscences de ces périodes de ma vie. Et je me souviens que dans le cabinet médical du gynécologue il y avait une toile de Klimt, femme dont la nudité était transcendée par les couleurs du peintre.

Klimt avait me semble t-il ce goût d’associer le baiser et la mort. Je laissais alors errer mon imagination sur les associations possibleslebaiser.jpg entre ces deux termes.

 

Mes trois grossesses se sont déroulées entre 1986 et 1995 : plein boum du sida !
Cette morbidité de mon imagination me rattrape aujourd’hui, à la fin d’un amour que je pensais sinon éternel du moins durable.
Mon imagination reprenant son errance, j’associe cette notion de morbidité aux réponses de mon corps.
Pour combler certains manques notamment affectifs, durant de longues périodes, j’engloutissais toute la nourriture possible dans le but inavoué de mettre une enveloppe pondérale entre moi et les autres : « ne me touchez pas, regardez comme je suis grosse et pleine ! « 

Puis vint le moment où j’ai décidé de tourner une page conjugale de presque 30 ans.
Mon corps et mon esprit encore pleins de manques réagissent. Mon esprit en s’étiolant, en ne s’alimentant que très peu des nourritures spirituelles dont il est habituellement friand et mon corps suivant le mouvement, se désintéressant de l’alimentation qui le maintiendrait en état de fonctionner.
Le processus est le même que lorsque je me suralimentais, même si la réponse esthétique est différente : « voyez comme je maigris, détournez-vous, il n’y a rien à voir, je disparais ! »
La réponse est toujours centrée sur ce corps qui m’encombre et qui devrait mourir de trop ou de trop peu. Si le corps physique tient encore debout, le corps psychique lui est en totale déconfiture.

espoir.jpgPour en revenir à Klimt, c’est aussi sans doute parce que la collègue qui se plaît à venir travailler dans mon bureau, me fait penser à certaines de ses toiles par la flamboyance de sa chevelure et sa personnalité. Gynécologue ayant fait le choix de travailler au service du public, elle est si passionnante d’humanité, de sensibilité tout en conservant une conscience suraiguë de l’impact des systèmes sur l’individu qu’elle est une synthèse presque irréelle de passions et de sentiments mis en mots et en oeuvre au quotidien. Bien sûr, elle est jalousée, bien sûr elle est critiquée, mais tout comme moi elle fait partie de ces minorités qu’on nomme communautés aujourd’hui mais qui font la France plurielle dans sa force, sa richesse et sa diversité.
Et se reconnaître, s’accepter comme faisant partie aujourd’hui en France de plusieurs communautés est morbide dans le regard social dominant : femme, noire, martiniquaise, antillaise pour moi, française et faisant aussi partie de la communauté des humains… Pour elle, femme, méditerranéenne, maghrébine, de banlieue parisienne, appartenant aussi à la communauté scientifique et médicale et évidemment française et de la communauté des humains.

3 réponses à “Klimt”

  1. ALAIN dit :

    En tout cas, j’aime bien ces peintures !!!
    ARSENE GRISALI

    Comme je comprends que tu apprécies…je ne m’en lasse pas moi-même !

  2. jeanne dit :

    toujours tes mots me font aller un peu plus loin
    et que j’aime ces femmes

    passe une belle journée
    soleil dans le sud

    Je ne mesure pas la portée de mes mots…il parait que je suis compliquée !

  3. existe t’il une oeuvre où les femmes de Klimt sourient à la vie ?

    Tel n’était pas son propos…il avait comme objectif de réformer la vie artistique de l’époque en s’éloignant notamment de toute compromission avec l’art et l’académisme établis!

    Dernière publication sur chroniques variées : la nouvelle arche de Noé

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