Plurielle

Je suis en paix avec le monde et je caresse l’illusion que tout va bien et que le monde est aussi en paix avec moi

28 octobre, 2011

Marre

Classé dans : colere,humeurs,mode de vie,point de vue,quotidien,societe — kinkajouunblogfr @ 16:25

Comme il le dit bien André Comte-Sponville mais il n’est pas le seul à voir de haut la paupérisation qui va galopant : « On n’a jamais vécu aussi longtemps, ni sans doute (en moyenne et à l’échelle du monde) aussi bien. On n’a jamais autant produit, autant consommé, jamais été aussi libre…Bref, le monde va plutôt mieux. Et l’on n’entend, en France, que plaintes et gémissements. Pourquoi une telle insatisfaction, une telle anxiété, un tel pessimisme? Le chômage résiste à tous les plans de relance. La dette publique prend des proportions catastrophiques, qui menacent et la construction européenne et l’avenir de nos enfants. »

 Je n’ai pas la prétention de lui répondre à ce monsieur, ni à d’autres qui font ce constat ou qui l’analysent…Il se trouve que je vis cette dégradation de mes conditions de vie et mes enfants avec moi,  et nous ne sommes pas les seuls !

Sans y réfléchir vraiment, j’ai fait le choix il y a une trentaine d’année de m’élever au-dessus du bidonville de la périphérie du port où je suis née : instinct de survie peut-être ! Volonté de ne plus avoir faim sûrement !

 

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Bien sûr, personne ne m’a obligé à avoir quatre enfants, ni à être fonctionnaire territoriale, ni à divorcer… Mais personne ne m’a obligée à venir au monde et à y rester non plus. Comme j’y suis, il faut au moins que j’y sois de manière agréable pour moi. Mais c’est pas gagné, et ça l’est de moins en moins.

 

  Il se trouve que travailler au SMIC n’est pas considéré comme faire des petits boulots…mais qu’en est-il quand dans la réalité vous avez 24 ans, que vous en êtes à votre quatrième remplacement dans la même entreprise, à temps partiel, cela va sans dire, avec seulement les congés hebdomadaires puisqu’il ne s’agit pas d’un seul contrat mais de plusieurs qui s’enchaînent, que ce travail est à 54 km de chez votre père qui vous héberge, que la fatigue accumulée des 110km/jours en voiture est la cause d’accidents… de voiture qui génèrent votre expulsion de chez l’assureur militant ?

Quand à 22 ans vous réussissez enfin à intégrer un centre de formation qui se trouve à 159 km de votre domicile habituel, il faut trouver un appartement, guère plus grand qu’un cagibi  mais que vous payez au prix fort et assumer les frais qui vont avec…et puis il faut y aller, en voiture comme votre frère aîné puisque les transports ne sont conçus que vers la capitale de notre beau pays, les autres axes ne sont pas si bien desservis que veulent nous le dire les responsables des voies ferrés.

A 20 ans, oh le bel âge ! vous cherchez aussi à vous insérer par le travail, mais pour celà il faut franchir la distance entre le domicile et les lieux de l’emploi. Et hop ! un troisième véhicule ! Pour les mêmes raisons que ci-dessus.

Venons-en maintenant au financement de toutes ces « choses ». Le code civil en parle dans les articles articles 203 à 211, et articles 303 et 367. Les parents doivent à leurs enfants une assistance sauf si ceux-ci se maintiennent volontairement dans l’indigence !

La quatrième, Dieu, Allah, Bouddha ou d’autres soient loués, elle n’est qu’en seconde pour apprendre à en baver : dès la rentrée les profs l’ont dit « cette classe est immature, on va devoir la cadrer »…tout ça pour apprendre à faire la queue au pôle emploi !

Pour en revenir à André Comte-Sponville « C’est vrai en particulier du sort fait aux jeunes : il est inacceptable qu’ils aillent de stage en stage, de chômage en petit boulot, sans pouvoir décemment se loger - sauf l’aide des parents »…

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Alors parlons-en des parents et de leurs revenus (je n’oublie pas que personne ne m’a obligé à être quatre fois parent), mais il est trop tard pour les noyer et eussent-ils été des petits chats, c’est cruel et interdit ! Un père directeur dans la fonction publique n’a pas un salaire de directeur de cabinet(je ne sais rien du salaire ni des charges d’un directeur de cabinet…je fantasme ). Une mère dans la fonction publique (catégorie B), a ce qu’on appelle un revenu moyen. Ben oui ! mes enfants n’ont pas la chance d’avoir des parents financiers et/ou spéculateurs. Et si nos revenus de parents sont réguliers (ce qui n’est pas le cas de tous les parents)ils n’en sont pas moins insuffisants quand on doit se porter garant pour la caution locative du cagibi suscité ou pour les crédits afférents aux véhicules garantissant la mobilité des rejetons qui ne demandent qu’à s’envoler.

Là-dessus, comme si je cherchais le bâton pour me faire battre…je demande le divorce et la procédure, peu onéreuse du point de vue de ceux qui n’ont pas à la payer vient me casser les reins !

impasse.jpgNon content de cela, ne voila t’il pas que malgré  le prononcé du divorce et les fonds versés chez le notaire, celui-ci n’a fait aucune des démarches normales me permettant de récupérer la soulte…qui aussi petite soit-elle me permettrait de bouffer !

Alors colère ! j’ai envie de lui dire à cette grosse conne qui a le même prénom que moi de sortir de sous le bureau de son patron parce que je peux marcher à pied, mettre des pulls, ne plus avoir de téléphone portable, me passer d’internet, mais m’arrêter de manger, non ! je mange déjà une fois par jour, moins je ne peux pas, et ma banque ne fait pas service social.

Encore Comte-Sponville : « Ce n’est pas parce que la vie a un sens qu’il faut se battre. C’est pour qu’elle en ait un. » Alors je me bats. Mais putain…j’en ai marre de me battre pour tout.

4 réponses à “Marre”

  1. ALAIN dit :

    Très bien pensé et écrit, mais la vie est un éternel combat !!!
    ARSENE GRISALI

    Je n’ai malheureusement rien eu à penser…j’ai décrit une réalité, la mienne, en ce moment et j’ai du mal à me battre le ventre vide !

  2. hélianthine dit :

    Bienvenue dans le domaine de la lutte!
    Pour le ventre vide il y a les resto du coeur, putain merde vas y ! (je jure lorsque je suis en colère contre le monde, pas contre toi ma belle Myel!)

    J’aimerais bien y aller mais j’ai un salaire régulier et comme d’habitude je serais à quelques euros près au-dessus du plafond ou plancher…

  3. jeanne dit :

    je suis sans mot
    que dire ?
    j’ai connu ce genre de situation, mais j’étais très jeune, et même avec un gamin j’ai pu m’en sortir
    les plans de formation fonctionnaient
    tu as mon mail
    je pense sur mon blog ?
    tendresse
    je t’embrasse

    Jeanne, je ne suis même pas demandeur d’emploi…je fais tous les jours un travail qui me passionne mais je viens grossir les rangs des travailleurs pauvres.

  4. Que dire ??
    Rien … sauf que ( .. et ce ne peut être une maigre consolation ;; ) nous sommes quand même quelques unes à partager ton sort, ou à l’avoir partagé à un moment ou à un autre de notre parcours de vie, nous les Français moyens, bienheureux fonctionnaires avec un salaire garanti!! Mais quand vient le divorce, la maladie …. eh bien nous ne sommes pas prioritaires!!!!, et on élève nos têtes blondes, toutes seules!!!!
    Courage, miss, je sais que tu en as!! .. mais t’as raison d’en avoir marre !!!!!

    Du courage j’en ai eu, la colère due à l’impuissance le remplace peu à peu. Je ne veux même pas être prioritaire…juste que mes droits ne transitent pas par le bon vouloir d’une grosse truie qui s’habille de cuir afin d’être la mère sans trop de soucis de mes têtes brunes !


    Dernière publication sur chroniques variées : la nouvelle arche de Noé

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