Plurielle

Je suis en paix avec le monde et je caresse l’illusion que tout va bien et que le monde est aussi en paix avec moi

31 mars, 2012

Relais d’une analyse psychologique : La couleur dans la peau. Ce que voit l’inconscient

Classé dans : antilles,citations,humeurs,mode de vie,point de vue,reflexions,relations,societe — kinkajouunblogfr @ 11:29

 

C’est une collègue que j’aime bien, elle a un penchant très affirmé pour les amants noirs et nous discutions de ce qui fait l’identité nationale à travers le regard et les préjugés : il ne faudrait pas me dit-elle que ça vire à la parano, alors que je lui indiquais mon exaspération à cette question que d’aucuns s’autorisent à me poser en toutes circonstances : tu viens d’où ? Comme si eux n’avaient pas aussi une origine ! Et voilà que je tombe sur ce texte et que je vais me précipiter chez mon libraire pour soigner ma parano naissante :

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La couleur dans la peau. Ce que voit l’inconscient

Sabine Belliard. Albin Michel, 2012, 272 p., 22 E
Article modifié le 23/03/2012 (Espace freudien Madinin’art)

Elle pousse la porte d’une boulangerie. Dès qu’il la voit, le vendeur détourne la tête et la sert sans même la regarder, sauf au moment du paiement, où il consent à lui jeter un coup d’œil de biais, « comme en marchant on sauterait par-dessus une flaque d’eau sale inévitable », racontera-t-elle plus tard, en tentant de décrire tant bien que mal cette expérience violente, sensorielle et solitaire qui s’est déroulée en deçà des mots. « Je savais ce qu’il pensait :  »Une Noire ». Pas une Africaine, là encore ce serait différent, mais  »une Noire », point. Ça immobilisait tout et je ne pouvais rien en dire. Je me sentais coincée par ce que je savais bien qu’il pensait, et qu’il n’aurait jamais admis si je l’avais dit tout haut. »
Nous ne nous voyons pas. Certes, nous avons une représentation interne de notre visage mais à quoi ressemblons-nous précisément ? s’interroge Sabine Belliard, psychologue clinicienne, psychothérapeute et chargée de cours à l’université Paris-Diderot, qui nous donne à découvrir un fort beau livre sur les trajectoires de ces hommes et de ces femmes pour lesquels la couleur de peau fait une identité. Pour sentir que notre visage existe, nous avons besoin du regard d’un autre. Le premier miroir qui fait consister le visage de l’enfant, c’est, dit Winnicott, le visage de la mère : c’est précisément en se voyant dans le regard de la mère que le bébé va pouvoir se construire en tant que personne psychique. Or, à l’âge adulte, il est des regards qui en un instant vous rendent à la vie et d’autres qui vous dé-visagent littéralement, vous réduisent à votre seule couleur de peau et vous font disparaître en tant qu’individu, pour n’être plus qu’une Noire, comme d’autres ne sont plus qu’une « face de citron » ou « une basanée ». Quand la teinte d’un visage est banale, la peau d’une personne marchant dans une foule ne se remarque pas vraiment. Mais il suffit que sa pigmentation se singularise pour qu’elle perde ce caractère anonyme qui « la met à l’abri d’un regard trop précis » et qu’elle déclenche alors la surprise, la curiosité, le désir ou la haine.

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Le terrain de départ de la recherche de l’auteur – qui fit auparavant une thèse sur La peau, sa couleur : du visuel au tactile et dont ce livre a gardé toute la densité tout en étant accessible à un large public -, est celui des Antilles, à la population très métissée, au point que dans chaque famille il est impossible de prédire la couleur d’un enfant à venir. Les personnes rencontrées par Sabine Belliard dans le cas de son enquête composent une fresque édifiante. Dans les paroles de ces hommes et de ces femmes, s’entrechoquent le poids de la grande Histoire et celui de passions tristes faites de ressentiments rances, d’espérances déçues. Pour un peu, on se croirait dans un roman de Faulkner sur le Sud des États-Unis au XIXe siècle ou de J.M. Coetzee sur l’Apartheid en Afrique du Sud. Mais non. Plus de cent cinquante ans après l’abolition de l’esclavage dans les Antilles Françaises, alors que les différences de peau sont la norme aux Antilles, la couleur continue à structurer l’ensemble des relations sociales et, parfois, va jouer un rôle dans la manière dont une famille va investir un enfant. Bien sûr, les mentalités ont évolué, l’œuvre d’Aimé Césaire et le mouvement de la créolité qui plaide pour une définition non raciale de l’identité, ont largement contribué à apporter une « perception plus ouverte des différentes origines et différents phénotypes présents aux Antilles ». Et pourtant, de nos jours encore, pour certains, « est bien sorti un enfant qui a hérité d’une peau claire, plus claire que celle à laquelle on pouvait s’attendre au regard de la teinte de ses parents. » De même, une peau claire est dite « sauvée », et contribue à cimenter le narcissisme familial. Il y a cette jeune femme de 24 ans qui dit sans ambages : « Ma nièce a été sauvée de la couleur de sa maman, parce que, sa maman, c’est vraiment une négresse. » C’est une adolescente, à la peau particulièrement foncée, dont la mère lui a toujours dit qu’elle était laide, et qui se demande si l’on peut être « noir mais beau », « noir mais réussir ». Et puis, il y a cette jeune femme, descendante de békés, anciens esclavagistes de la Martinique, qui se targue de n’avoir dans sa famille, depuis des générations, aucun ascendant « de couleur », et s’est bricolé une existence où la couleur de la peau joue le rôle d’organisateur psychique au point que tout rapprochement amical ou amoureux avec l’autre, le « coloré », est perçu sur un mode quasi paranoïaque, comme un péril dont il faut savoir à tout moment se garder.
« Nous sommes tous des gens de couleur »
La deuxième partie du livre se concentre sur les façons dont notre psychisme va se saisir de la couleur de la peau pour s’exprimer. Car qu’est-ce qu’une rencontre si ce n’est un face à face où « le visage se présente à l’autre comme un écran sur lequel s’affiche ce que vit chaque sujet dans son monde interne [...] » Mais pourquoi parle-t-on de « couleur de la peau » ? A partir de quoi décide-t-on qu’une personne est dite ou non « de couleur » ? La peau humaine peut-elle être vraiment achromatique, sans couleur ? En réalité, il n’y a guère que dans certains cas rarissimes d’albinisme que la peau est dépourvue d’une certaine coloration : un « Blanc » n’est pas blanc, un « Noir » n’est pas noir. Nous sommes tous des « gens de couleur ». De plus, la teinte de notre peau n’est pas fixe. Elle change en fonction de notre état de santé, de nos émotions, de notre âge. Avec minutie et explications scientifiques à l’appui, Sabine Belliard déconstruit brillamment les clichés ineptes qui se cachent parfois derrière nos bons sentiments. C’est passionnant.
Regarder et se laisser regarder, « confier son image à l’autre », met parfois les frontières du moi à si rude épreuve que certains vont jusqu’à agir sur leur « couleur » pour se sentir enfin bien dans leur peau – le cas de Michael Jackson étant bien sûr emblématique d’un processus auquel ont recours des millions d’anonymes, de l’Afrique subsaharienne au Japon. Selon l’auteure, la tendance sociale à valoriser certaines teintes de peau se double de constructions individuelles, pulsionnelles, sexuelles où la couleur sert de masque pour dire les conflits familiaux, les angoisses d’abandon, des fantasmes incestueux, des rivalités féminines, indépendamment de toute considération sociale. Ainsi d’une jeune femme guadeloupéenne qui constate que depuis qu’elle est moins proche de sa sœur, cette dernière aurait foncé ! Et, insiste Sabine Belliard, si aux Antilles il est « courant d’examiner les nouveau-nés pour voir comment ils sont  »sortis », cette question en recouvre une autre, celle de  »l’entrée’, c’est-à-dire comment il a été conçu ». Par exemple, de même que selon certaines croyances populaires on raconte que les enfants roux sont fabriqués pendant les menstrues de leur mère, aux Antilles les bébés « chabins », à la peau teintée de taches de rousseur, aux cheveux blonds, « rouges » ou crépus, renvoient inconsciemment à un acte sexuel particulièrement sensuel et délicat ou a contrario, rapide et sans douceur (ce qu’attesterait l’expression chabin de kut tâbu, chabin fabriqué en deux coups de tambour, à la hâte et donc pas fini, d’où une peau d’une pâleur extrême). Le psychanalyste Jacques André, qui a décidément l’art de dire l’essentiel en quelques pages avec une érudition et une fluidité impressionnantes, termine d’ailleurs la préface de ce livre, en rappelant les mots du grand Faulkner dans Absalon ! Absalon ! : « Cette main noire qui m’arrêtait timidement en se posant sur ma chair de femme blanche [...] dans le contact d’une chair avec une autre chair, il y a comme une dérogation, quelque chose qui coupe net et droit à travers les voies enchevêtrées de l’ordre et des convenances, quelque chose que connaissent les ennemis aussi bien que les amants, car c’est ce quelque chose qui les fait tous les deux. »

Sarah Chiche

28 mars, 2012

Retour de flamme

Classé dans : belles choses — kinkajouunblogfr @ 17:28

Un joli camion croisé sur ma route m’a donné envie de savoir ce qui pourrait y avoir comme nouveautés

 

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16 mars, 2012

Alessandro

Classé dans : ARNAQUE,colere,DANGER,humeurs,societe — kinkajouunblogfr @ 17:47

Je l’ai rêvé, encore plus beau que son prédécesseur, libre à l’exception de cette fillette de 13 ans qui est la sienne mais elle est adoooooooooorable. D’ailleurs, il lui parle de moi et elle m’aime déjà ! sa liberté, je la dois à son bienheureux veuvage…de plus la belle-mère, non, l’ex-belle-mère est retournée vivre dans son pays d’origine, l’Italie. Elle ne supportait plus la vue de ce gendre depuis le décès de sa fille dans l’accident de voiture qui lui a coûté la vie, alors que lui est bien vivant ! Je n’aurais donc pas à composer avec la grand-mère maternelle de cette charmante enfant au quotidien. L’autre hic : il est catholique, non pratiquant mais il aime bien aller à l’église…ne pas chercher à comprendre ! La preuve il aime le chant spiritual de BOUNGOU. Moi, non ! Je ne mets pas le lien, moi je n’aime pas.

La preuve qu’il est beau, selon mes critères, la voilà :
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La preuve qu’elle est jolie la petite, même si j’aurais préféré son papa pour moi toute seule :

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Une enfant de 13 ans, habillée comme cela, alors que la mienne, trois ans de plus en est aux yeux charbonneux et aux tenues gothiques, va falloir composer !

Ainsi va la vie, on discute, on s’approche, grâce au truchement de ce merveilleux média qui nous met en relation aussi bien avec notre voisin de pallier, notre garagiste(si si !) ou à l’inconnu d’hier qui nous dit dans un langage imagé aujourd’hui, qu’on lui met des papillons dans l’estomac. Il s’est désinscrit du site où nous avons pris contact autour de Michel Telo pour n’être qu’avec moi, il me demande bien sûr d’en faire autant.

Il se trouve beau, c’est tellement vrai que son patronyme en atteste Beauregard, pensez-donc ! Il y a quelque chose d’exotique à associer le nom et le prénom, comme une invitation au voyage : Alessandro Beauregard qui vient de Rome… Et il travaille, pas comme ces amputés du boulot, non ! même le dimanche il court rencontrer des investisseurs. Et pas n’importe lesquels, ces investisseurs-là, l’attendront pour le rencontrer dimanche puisque sa fille chérie a été souffrante la veille, jour du rendez-vous initial.

Il travaille mais il sait aussi danser, chanter, cuisiner et consacrer du temps à sa fille : autre constante italienne ?
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Les affaires tournent bien et c’est de bon augure. Dans la foulée de ce rendez-vous d’affaire un contrat va bientôt arriver à son terme : les voitures qu’il a commandées vont être livrées en Afrique…Vous savez ? l’Afrique ce continent-village peuplé de noirs où on peut faire de juteuses affaires si on est un professionnel digne de ce nom et si on ne rechigne pas à quelques sacrifices.
Quel sacrifice ? Le premier…tu comprends, ma douce, mon coeur, ma chérie, toi que la providence m’envoie ? C’est pour le travail que j’y vais, calme donc ton impatience, je n’en ai que pour une semaine tout au plus. Puis à mon retour on sera ensemble pour toujours pour vivre notre amour. On ira au Brésil, j’ai prévu le voyage, je te l’offre comme gage de mon attachement à toi et nous ne serons que tous les deux : le plus beau voyage de notre vie !
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Une semaine, ce n’est rien au regard de tous les bonheurs que nous avons à partager, tu me le concèdes et notre impatience réciproque nous rapproche, tu m’es indispensable, je ne sais pas ce que je ferais sans toi… Et puis notre lien magique nous unit…on a internet, on va se voir et communiquer.
Effectivement, par texto on croirait que Lomé, capitale du Togo s’est rapprochée de L’Hérault ! La liaison vocale est plus hasardeuse, pas moyen de se parler, il y a comme un refus sur les ondes. En revanche, je peux le voir dans la chambre d’hôtel (un peu glauque) qu’il occupe. Mais je le vois en cam, c’est rassurant, ça vise à éloigner les doutes que je pourrais nourrir. Mais douter de quoi quand on s’aime comme on s’aime ! Il est venu seul pour les opérations de réception et de dédouanement des véhicules qu’il doit vendre là bas ! Sur place à son arrivée on lui a proposé les services d’un guide qui l’aide pour ses différents déplacements :  Kendia Eric Steve, il lui fait autant confiance qu’à moi…

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Ce scénario a quelque chose qui m’alerte. Je ne saurais dire quoi, ni le moment précis où le triangle se met à clignoter dans mon cerveau, mais en relisant nos échanges, les mots de l’attachement sont vite (trop vite) apparus. Dans le même temps, il m’incitait à la patience pour une rencontre réelle.  Est-ce la marque de fabrique des italiens ? Alors je commence à jouer le jeu de l’amour fou en attendant le premier appel à l’aide. Je m’attendais à une sollicitation lors du trajet vers Paris à la rencontre des investisseurs…rien ! Alors ce sera l’Afrique. Mais pas tout de suite. Le dernier matin de notre amour mort-né s’ouvre sur ce message que je m’abstiendrais de qualifier :

« Il existe toujours des personnes exceptionnelles auxquelles on ne peut s’empêcher de penser car leur affection est d’une importance capitale dans notre vie. cependant il est nécessaire de leur témoigner notre fidélité d’esprit. Par le biais de ce sms je te souhaite une bonne et agréable journée, je t’aime mon amour. »

Salaud !!! est-ce à cause de ce message que l’une de mes filles a atterri aux urgences le jour-même ?

Quelques échanges plus tard et après avoir été informée d’une dernière course à faire avant le dédouanement et l’approche de notre première rencontre à l’aéroport où il est d’accord que je vienne le cueillir, le message qui annonce l’imposture :  je me suis fait agresser, je viens d’être victime. Ils m’ont emporté le sac et je n’en reviens pas. Je suis mal, on m’a tout pris, je ne sais plus que faire. 

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Par devers-moi, je traite d’imbéciles, ces agresseurs qui lui laissent son téléphone portable !!! pfff pas doués, quand même !

De 12h32 à 1h30 le lendemain matin, je vais m’appliquer à lui faire croire que je vais lui verser, au nom de son guide à Lomé au Togo, les 15000 € dont on l’aurait délesté…par amour bien sûr ! il m’indique comment lui faire parvenir les fonds par Westerunion, c’est fiable et rapide ! et c’est normal que je passe par son guide, puisqu’il n’a plus ses papiers.

A quelque chose, malheur est bon et le passage aux urgences de ma fille me permettra de le faire lanterner un peu plus. En effet la bonne mère que je suis reste au chevet de sa fille souffrante. Dans le même temps je le rassure sur mon amour inconditionnel , il est vivant, qu’est-ce donc 15000€ au regard de sa vie ? demain à la première heure je lui transfèrerais les fonds.

Ne se doutant pas que je l’ai reniflé depuis un moment, Jojo belle-gueule a sans doute débouché une bonne bouteille à cette dinde qui n’essaye même pas de lui proposer une partie de la somme mais son intégralité !

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Prétextant une panne de mon ordinateur, je reprends contact par sms pour le mettre à terre en lui révélant que je l’ai découvert : il feint de tomber de haut.  Il  est déçu que je pense ça de lui,  il n’aurais pas dû me parler de ça pour garder notre amour intact. Enfin si je pense qu’il est un escroc, que je l’efface de mes contacts plutôt que de l’injurier.

Mais quand même, à une heure du matin il me propose de parler à sa fille par mail et de la voir en cam pour qu’elle atteste que son papa chéri est en grande détresse dans ce pays lointain  ! On peut la joindre là : dicta@live.fr

Si ce n’est pas une preuve de sa bonne foi ! Bon, lui c’est ici qu’on prend contact avec lui  alessandro_beauregard@hotmail.com

Il ne lâche pas l’affaire et tente encore un peu de me convaincre de sa bonne foi, comme je n’ai qu’une seule envie, lui éclater la tronche à coups de lattes, je coupe court.  La nuit ça sert à dormir !

Et deux petites dernières pour la route :

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Arriverderci

ps. j’ai failli oublier on ne sait jamais : 0644206113

 

 

 

 

 

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