Plurielle

Je suis en paix avec le monde et je caresse l’illusion que tout va bien et que le monde est aussi en paix avec moi

5 février, 2010

Tu me fous la trouille

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C’est dans ma tête depuis quelques temps, ça me chiffonne, et comme toujours avec ce type de souvenirs, il me faut du temps pour tout décrypter. Ce qui est de mon fait, de ma responsabilité et que je ressasse et ce que j’ai laissé alors que ça ne m’appartenait pas, même si ça me gênait.

Je ne suis pas une voisine avec laquelle on se lie. Je dis bonjour, bonsoir et  rien entre ! J’observe, je peux éventuellement me rendre disponible mais je suis capable de transformer une banlieue animée en cité-dortoir. Je ne suis pas du genre, « je t’invite pour la crémaillère et on prend l’apéro demain chez toi après qu’on aie fait un footing ensemble. »

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Quelques jours après mon déménagement en solo avaient suffit pour que les cris de la voisine du dessous, tabassée par le freluquet qui jouait dans sa culotte, suivis de leurs ahanements copulatoires ne me touchent guère.

Le fond sonore précédent leurs ébats ne devait pas me toucher même si ce fonctionnement ne correspondait pas à mon sens des relations et des contacts notamment intimes avec autrui : travailleur social, en ce qui me concerne, c’est un métier pas un état.

L’état dans lequel je me trouvais d’ailleurs ne laissait pas beaucoup de place aux déboires qui m’étaient étrangers. Le papa solo deux jours par mois, de l’appartement en haut à droite, n’a pas réveillé mon instinct grégaire bien enfoui, même lorsque sa petite fille que j’aurais sans doute trouvé jolie si je l’avais regardée est venue jouer avec Pacha encore jeune que je croyais être un mâle !

Quant à la fausse vielle, en haut à gauche qui se faisait livrer ses repas par l’ADMR et qui se cachait derrière ses rideaux transparents quand j’apparaissais dans la cour ou aux fenêtres, elle devait sentir la pisse et ne m’inspirait rien ! Je l’avais saluée au début mais son regard s’étant détourné à chaque fois, je souhaitais juste qu’elle soit reliée au SAMU en cas de chute inopinée dans l’escalier si le minuteur venait à s’éteindre.

Dans ma première tentative de tourner moi-même une page de mon livre de vie, il ne s’agissait pas d’y écrire la vie des autres.

La minuterie, parlons-en ! Dans la cage à lapins pompeusement nommée appartement par son propriétaire et l’agence, le haut de la porte d’entrée était constitué d’un jour… celui-ci bien nommé laissait entrer à flot la lumière à chaque manipulation de la minuterie que mes jeunes voisins (ils étaient à peine plus vieux que mon aîné !) actionnaient quand le sommeil avait daigné passer par chez moi.

Une jolie tenture noire avait fait cesser ces nuisances et transformait l’espace réduit du séjour en chambre à coucher… Je n’avais pas trouvé de feinte pour que les deux zigotos ferment leur clapet ou qu’au moins ils en réduisent les émissions sonores.

La petite allée gravillonnée servait aussi de parking pour les quatre locataires que nous étions : le couple zigoto s’était attribué la place, vu qu’il habitait le rez-de-chaussée, le papa solo se garait dehors sauf quand il prenait l’apéro avec eux et qu’ils s’entendaient pour savoir qui partait le premier. Fausse-vieille n’avait pas de véhicule et voulait juste que sa petite fille puisse avoir une place en priorité quand elle venait la voir de la capitale. Mapomme, arrivée la dernière composait. Sortant peu, redécouvrant les transports en commun, je disposais mon éléphanteau aussi loin que possible dans l’allée pour que le couple zigoto se gare derrière moi. Ce qu’ils n’avaient pas l’air d’apprécier. Mais leurs éclats de voix ne m’étant jamais destiné directement, je n’en avais cure !20070707lphanteauvudehaut2.jpg

 

 

Petit appartement, petites relations de voisinage, petite vie… J’en étais réduite à ça et commençait à m’en accommoder lorsque j’ai reçu la visite d’une personne venue du froid qui a bouleversé l’équilibre précaire que je tentais de construire.

Cette présence m’a obligé à me rendre compte, que je n’écoutais la musique qu’en sourdine. Que je me rapprochais de la télé pour lire sur les lèvres des acteurs sauf quand fausse-vieille faisait hurler son poste, je fermais les fenêtres quand les zigotos faisaient frire des sardines à 3h de mat alors que l’appartement s’était transformé en étuve nauséabonde. Je rejetais les mégots des zigotos dans l’allée alors qu’ils les avaient balancés dans « mon » petit escalier… Je faisais même attention à ne pas utiliser la tuyauterie que je trouvais trop bruyante de peur de déranger des gens qui n’avaient aucune notion de l’altérité.

 

 

 

Fait exprès ou non, je ne le saurais jamais, cette personne a réussi à provoquer une altercation entre lui et le mâle des zigotos comme pour me montrer combien j’avais tort de résider dans un environnement aussi minable.
Il s’en est suivi une période où chacun épiait l’autre allumait en continu ou presque la minuterie, une de ces périodes remplies de bassesses et de mesquineries. Elle est allée voir la femelle des zigotos en lui conseillant de quitter minable-zigoto, de porter plainte pour les coups reçus etc…puisque le poste de police était à moins de dix pas de son rez-de-chaussée. Évidemment j’étais la pire des sans-coeur puisque je laissais faire, je n’avais aucune compassion, et celà, malgré mon métier. Conclusion : j’étais une petite personne !

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Je me demande encore parfois pourquoi si peu de temps a suffit pour concentrer autant de germes de conflits, autant de ressentis néfastes …La seule réponse qui me vienne est que ma très faible disponibilité aux autres à certains moments, conjuguée avec la rencontre de quelqu’un qui répand la désolation car c’est la seule chose qu’il ressente ne peut engendrer que le désir de destruction, de soi, des autres ou/et des liens banals du quotidien. Et pourtant, il m’a fait voir des couleurs que je n’avais jamais vues…

 

2 février, 2010

Pivoines

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Merci à Un chalet à la campagne  qui m’a autorisée à utiliser ses pivoines en banière

Le contact d’une main sur la peau y compris d’un crocodile réveille des souvenirs, mais pas seulement. De fil en aiguille, mes pensées sont parties vers un jour, un jour où il y a eu un bouquet des fleurs que je préfère, les seules que j’aime en réalité.

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Je vous raconte ?

Ça me fait sourire, et ça fait du bien à ma mémoire qui sait si bien broyer du noir pour m’inciter à aller en enfer.

C’était un jour de semaine- j’ai eu envie d’écrire, il était une fois- mais la formule s’applique mieux à ce qui n’a pas été- C’était un jour de semaine donc !

Je m’étais vêtue de sérieux, pas de grave, je n’y arrive pas.piv.jpeg

 

La salle de cours que j’avais investie les deux jours précédents attendait en silence d’être envahie par un groupe de stagiaire attentif et studieux.

Les séquences prévues devaient aborder le sommeil du nourrisson et ses troubles, l’éveil psycho affectif du jeune enfant puis le jeu et le développement psychomoteur. Malgré le temps écoulé depuis(je ne traite plus ces sujets-là) cette journée de travail se présente sans effort à ma mémoire.

 

Depuis quelques temps, j’entretenais une correspondance sucrée avec un homme du froid. Pour les lecteurs habituels : non, pas lui, un autre !

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Pour la plupart des habitants du sud, il est entendu que le froid, équivalent du nord commence à Lyon, parfois même aux portes de Valence ! Lui était d’encore plus loin, là-bas au bout, une partie de la carte de France qui n’existait pas auparavant. Il y a près de chez lui un minuscule aérodrome, toujours plein d’eau : il ne sèche pas entre deux précipitations, eau ou neige, c’est selon… Qu’à cela ne tienne, je me suis toujours obstinée à voir Cupidon là où il n’était pas.

pivoineyr.jpgDe déclarations d’intentions en citations, de citations en faux espoirs, nous voilà échangeant adresses personnelles, professionnelles et nos histoires.

Lui travaille en nomade, moi en semi nomade. Il sillonne les routes du grand Lyon qui passent par ce fameux Est du pays et qui s’étirent jusqu’en Suisse. Ce travail à cheval sur les frontières, en qualité de placier de métaux précieux auprès des orfèvres de l’art buccal lui procure une satisfaction et des revenus qu’il semble apprécier.

 

À cela s’ajoute une pseudo liberté de déplacement puisqu’il gère ses rendez-vous en fonction de ceux de ses clients.

Pour revenir à la journée en question, tout avait commencé normalement :

Le petit mot gentil du matin, les encouragements réciproques pour cette nouvelle journée de travail…Un peu avant ma pause, un texto : «  y a combien entre Nîmes et Montpellier « ?

 

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Drôle de question de la part de quelqu’un qui utilise un GPS. Je réponds pendant que les filles font un exercice pratique, en temps de trajet et en indiquant aussi les kilomètres.

La journée continue de se dérouler selon les prévisions, j’allais entamer les préconisations en terme de prévention de la MSN(mort subite du nourrisson, qui a changé de nom depuis), lorsqu’on a frappé à la porte de la salle. Tout en parlant, j’ouvre machinalement .

Je me retrouve face à face avec un bouquet de pivoines, de la couleur exacte que j’affectionne, ni trop éclatante, ni trop pâle. Lui, caché derrière avait une plus jolie figure que ce que montraient les photos et un corps à tomber par terre.

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Pour un premier contact physique, le lieu n’était absolument pas propice. J’ai eu envie durant deux secondes de planter là le groupe pour aller batifoler…Mon côté ronchon a repris le dessus (je n’aime pas tant que ça être prise au dépourvu)

 

Malgré un baiser voluptueux et ses bras qui s’étaient refermés sur moi, j’ai différé la vraie rencontre à un moment plus convenable et refusé sa proposition de se tenir coi dans un coin de la salle.

Un tiens, vaut mieux que deux tu l’auras…j’ai pris le bouquet et repris le cours de mon exposé, prétextant que c’était mon anniversaire ! Mon regard s’y posait souvent et j’ai beaucoup regardé la montre à mon poignet.

J’avais d’autres urgences que la MSN à gérer…

 


31 janvier, 2010

Accoucher de mes souvenirs

 

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J’éprouve parfois une sensation étrange, comme si mon coeur marquait un temps, comme s’il voulait s’arrêter mais il repart tout en douceur comme lorsqu’on passe la première en décomposant la manoeuvre à l’extrême, genre ralenti d’un mouvement pour insister sur la vitesse réelle. Dernièrement une petite phrase de rien du tout a provoqué cet effet induisant d’autres mots, de moi cette fois : « ça m’a rendu  folle, mais c’était pas la bonne personne !  » C’est jamais la bonne personne. Ce qui me manque c’est son odeur, le grain de sa peau, ses grandes mains et le son de sa voix, je voudrais encore  être dans sa sphère, en être dépendante, et pourtant je sais les risques de la dépendance.

Ce qui provoque cette sensation ? Pas seulement l’envie de baiser à corps perdus en attendant la fin des temps… Écouter son coeur qui bat et demander pourquoi il n’y a pas d’écho qui défierait le temps…Échanger autour des évènements, les petits ou les grands du quotidien. Cette banalité qui consiste à avoir des attentions pour quelqu’un qui compte.

Mais il est raisonnable, normal que l’on tourne la page. C’est ce que disent les »croquants » comme dirait Brassens. Ils savent eux, ce qui est bon pour moi, ce que je dois faire, quand je dois lire, pleurer ou danser puis quand je dois passer à autre chose. Forcément, ils pensent qu’ils ont raison. Alors pourquoi m’en parlent-ils si je dois oublier ? Il parait que c’est comme éliminer un cafard.
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Il parait que la norme, c’est de tourner la page, toutes les pages ? Certaines personnes, et j’en suis ont plus de mal que d’autres à faire cela. L’histoire avec un grand H est universelle, elle est cependant composée de toutes nos petites histoires et chacun de nous perçoit ces deux histoires de manière différente. Dans ma petite histoire personnelle, le passé occupe une place prépondérante tout comme dans la grande histoire qui a déterminé mon existence. Je n’ai pas besoin de l’assentiment de tel ou tel pour qu’il en soit ainsi ou différemment. Je revendique juste la possibilité d’exprimer ce que je ressens, sans demander à quiconque de me comprendre, de me plaindre ou de compatir… Que ce soit en virtuel ou dans la réalité, les gens ne supportent pas que l’on pense différemment : il faut entrer dans un moule ! Et j’ai toujours eu du mal !

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Il m’a regardé dormir. Je ne sais pas combien de fois, je m’en suis rendue compte un matin, une nuit aussi peut-être, je ne m’en suis pas formalisée, j’ai choisi d’oublier qu’il pouvait le faire. Moi aussi je l’ai regardé dormir quelquefois, lorsque je ne trouvais pas le sommeil. Que voyaient ses yeux ? Quels dégoûts éveillaient donc en lui ce tas de chair abandonné dans le sommeil ? Un dégoût suffisamment puissant pour qu’il choisisse de rejoindre les poupées désarticulées offertes jusqu’au fond d’elles-même sur le net. Voilà ce qui reste des moments où je m’interrogeais sur mon extraordinaire capacité à délaisser mes rêves au profit de chimères qui n’étaient pas les miennes. Extraordinaire aussi cette capacité d’être réellement amoureuse d’un rien, comme si je ne pouvais qu’aimer quiconque fait mine de me jeter des miettes d’attention. Je croyais dur comme fer que mes rêves pour deux nous feraient des jours heureux. Mais dans certains endroits de la terre, aucun soleil ne brille jamais, même pour se mêler à la pluie.

J’ai tout le temps pour penser à ces moments où je voulais aspirer son air, ça ne se fait pas, surtout maintenant qu’il ne respire plus ! Mais il s’agissait d’envies réelles, pas de chiqué chez moi ! Je ne suis pas du tout sophistiquée !

Je suis seule à nos rendez-vous… parce qu’on n’a pas de rendez-vous !

 

 

 

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