Plurielle

Je suis en paix avec le monde et je caresse l’illusion que tout va bien et que le monde est aussi en paix avec moi

20 février, 2011

Kanawa

FORT-DE-FRANCE

L’insertion sur fond de tradition amérindienne

Cynthia ROUSSI France-Antilles Martinique 15.02.2011

Kanawa dans amours 88d583099cac8e73a145d11e8f429a3c102291_fam02 La kanawa a majestueusement pris la mer à l’occasion de cette première sortie. (C.Ro.)

La pirogue « Loukouni Yabura » a été baptisée sur la plage de la Française. Ils sont sept garçons et filles à avoir construit de leurs propres mains, une kanawa (pirogue amérindienne), modernisée, sous la direction de Corentin Lapassousse, charpentier de marine. Modernisée, parce que le corps de l’embarcation n’a pas été directement creusé dans le tronc (concept du bois fouillé), puisqu’il n’existe pas d’arbres suffisamment grands (20 mètres minimum) chez nous. Aussi, la pirogue a été construite à partir de lattes de bois de mahogany, d’angélique et de poirier pays. Pour ceux qui ne le savent pas, la kanawa était le type d’embarcation qui permettait de naviguer d’île en île. D’ailleurs, l’association Karisko a, à ce jour, effectué plusieurs voyages à bord de ses kanawas : Martinique/Dominique, Martinique/Antigua, Martinique/Grenade. Le prochain voyage devrait ouvrir la voie jusqu’au Venezuela. C’est donc ce lundi, que la dernière née de la flotte Karisko, « Loukouni Yabura » , a été bâptisée par le chaman sur la plage de La Française à Fort-de-France devant un parterre d’invités : les municipalités de Fort-de-France et du Marin, le Régiment du Service Militaire Adapté, des élèves du lycée de Bellevue menés par leur professeur d’histoire-géographie, Marie-Line Boulogne-Mouriesse, membre de Karisko, entre autres. L’équipe a travaillé de mars à novembre 2010 au quartier Rive-Droite et a bénéficié du concours de la municipalité par le biais d’un partenariat qui a permis de sélectionner les jeunes. Il s’agissait pour l’association Karisko de poser un nouveau jalon dans le processus de reconstruction identitaire. La Martinique est une terre amérindienne qui a gardé par la tradition orale, certains us et coutumes amérindiens, aujourd’hui ancrés dans nos habitudes quotidiennes. Le mode de vie des Amérindiens est basé sur le travail de groupe. Ainsi, le principe du chantier d’insertion dirigé par l’association Karisko (Karisko-Insert) était d’amener ces jeunes à se développer humainement, puis à acquérir des compétences diverses telles que celles liées aux métiers de la mer, comme c’était le cas ici.

(C.Ro.)(C.Ro.)

Mon neveu Christophe Panor a dit :

 

« J’ai découvert l’association Karisko grâce à la cellule d’insertion de la ville de Fort-de-France. J’ai pu sortir de mon isolement ce qui m’a permis de faire face à une certaine réalité de la vie. J’ai appris la communication, la tolérance. J’ai pris conscience de mes capacités physiques, avec M. L’Etang j’ai pu approfondir mes connaissances sur mon environnement, la faune, la flore et l’histoire de notre île, ce qui m’a aidé à avancer dans mes intentions personnelles… Grâce au chantier d’insertion, j’ai compris que quoi qu’on fasse dans la vie, il faut aussi râmer. Je suis sur le point aujourd’hui d’ouvrir un commerce de proximité » .

 

 

2dca1e7d96b544f32ad4da4c9fd7c686102291_fam04 dans antilles

 

Culture

14 février 2011

Technique d’aujourd’hui pour pirogue d’hier

arton14120-8d5ab-170c0 dans bavardages 

L’association Karisko a baptisé et mis à l’eau une pirogue amérindienne traditionnelle mais construite avec des techniques modernes lundi matin à Fort-de-France. Ce sont des jeunes en insertion qui ont mené à bien ce chantier.

Moment d’émotion ce matin sur la plage de la Française à Fort-de-France quand les 16 mètres du prototype de kanawa moderne ont glissé vers la mer. Pour l’association Karisko, le baptême était important à deux titres. D’abord parce que ce bateau est unique. Il s’agit d’une pirogue amérindienne traditionnelle dans sa forme mais construite avec des lattes de bois selon des techniques d’aujourd’hui. L’objectif était de montrer que l’on peut créer une pirogue sans pour autant sacrifier un arbre énorme (les kanawa sont traditionnellement creusées dans un seul tronc). Mais la valeur de ce projet tient aussi et surtout au travail réalisé sur un chantier d’insertion. Sept jeunes demandeurs d’emploi ont ainsi mené à bien cette réalisation sous la houlette d’un charpentier de marine. L’association Karisko créée en 2004 s’applique à faire connaitre le savoir-faire amérindien. Elle a déjà organisé plusieurs voyages inter-îles dans la Caraïbes pour montrer que ces pirogues permettaient aux amérindiens de faire de longues traversées dans la région.

BVdV Photo Karisko

8 novembre, 2010

Une belle rencontre

Classé dans : bavardages,douceurs,enfants,famille,humeurs,relations — kinkajouunblogfr @ 2:11

C’est une journée que je commence avec beaucoup d’espoir. Je me réveille, non pas grâce au réveil, non pas grâce aux oiseaux, non pas grâce au soleil, mais parce que le rêve que je fais me jette à bas du lit : je le présente à ma fille aînée aujourd’hui !!!

Je vous passe les détails, mais tout y est ! Il se trouve qu’aujourd’hui demoiselle vient déjeuner et qu’elle passera presque toute la journée avec moi. Alors ce rêve me perturbe un tantinet car, d’une part, demoiselle fait des efforts considérables pour accepter ma séparation d’avec son père et pour se rapprocher de moi. D’autre part ça fait un siècle que je n’ai pas vu Bel-ami. Alors si ce rêve devait se réaliser j’ai moins de deux heures pour devenir funambule.

sesyeux.jpgIl m’a écrit hier donc il est peu probable qu’il se manifeste aujourd’hui, ce rêve m’agace autant que j’aimerais qu’il se réalise…

La vie, ça s’affronte seul ! Et ça, je ne l’ai pas en moi… Je n’ai pas de blessures physiologiques, pourtant je suis épuisée, cassée, vidée, mais j’ai envie d’avoir une belle journée.

Je suis tourmentée, je cherche quelque chose d’inaccessible dans un environnement où je n’ai pas ma place. Le plus souvent je passe mon temps à rebrousser chemin. Je ne décide de rien et tous les paramètres me sont dictés pas l’extérieur, quelque-soient mes objectifs. Je tente de parvenir à un équilibre qui s’éloigne chaque fois que je pense l’atteindre. Mais je le répète, j’ai envie d’une belle journée, alors je commence par me persuader qu’on n’est pas samedi, que ce n’est pas le week-end. J’ai juste un jour de vacances !

Je m’attarde sur quelques jeux en ligne puis je fais la ménagère. J’étrenne mon lave linge, je fais la vaisselle, mon lit etc…

Demoiselle arrive, on cause, on déjeune.

Nos échanges sur ses projets professionnels sont passionnants, elle réfléchit, pèse le pour et le contre et semble apaisée dans ses envies malgré la pression des concours. Elle recommence à en passer dès lundi. J’espère pour elle que cette année sera la bonne.

manifruemaguelone.jpg
En fin d’après-midi, je me suis maquillée, vêtue de façon à ne pas détourner le regard si je devais en croiser un, puis je suis partie traverser la place de la Comédie…juste au moment où la manifestation remontait vers la Préfecture en beuglant l’Internationale, c’était tentant, j’ai beuglé à l’unisson.

pouponrouxjpg.jpgC’est en repartant faire mes vingt minutes de marche que je les ai rencontrés. Deux petits bonshommes, 8 et 6 ans, métis peut-être, coiffure afro, clairs de peau, mignons comme peuvent l’être les gosses. Le plus jeune a des tâches de rousseur sur le visage. Ils se sont détachés d’un petit groupe, tous revenaient d’un entraînement de foot.

Je marchais plus vite qu’eux et au moment où je les ai rejoints, l’aîné interdisait à son cadet de toucher à un chaton mort. Comme le petit insistait pour vérifier… »il respire peut-être encore » ! J’ai confirmé le constat du grand en disant que la veille au soir il y était déjà.

 

 

 

chaton.jpg
- Ah bon ! Qui a fait ça ? Tu l’as vu ? Le pauvre, c’était encore un bébé !

- J’aurais bien voulu en avoir un, rajoute le grand. Mais je l’aurais d’abord emmené chez un docteur pour vérifier qu’il n’ait pas de maladies.

- Un vétérinaire, lui dis-je !

- Oui, c’est ça, le médecin pour les animaux…

Et nous voilà, cheminant ensemble tout en devisant sur les conditions probables entourant la mort de ce chaton. Je crois avoir oublié la plus réaliste : il a dû être projeté sur le trottoir par le tram, vu la proximité de la voie.

On a continué de marcher ensemble jusqu’à leur immeuble. J’y ai habité deux ans il y a 20 ans ! En y arrivant le grand m’a demandé de quelle origine j’étais après m’avoir dit que sa maman était camerounaise. Puis, quand je lui ai dit où j’étais née : elle a beaucoup d’amis de la Martinique, mais pas nous !

Alors que je leur disais au revoir d’un signe de la main, le grand m’a ému aux larmes par ces mots : bonne fin de journée, j’ai été particulièrement heureux de faire votre connaissance…

Ce n’est pas grand chose, mais dans mon désert affectif actuel, le niveau de langage de cet enfant , notamment cette dernière phrase m’a touché.

 

bulledesavoncartepostale.jpg
J’ai pensé en rejoignant ma voiture, que sans l’avoir calculé, je venais de vivre la joie de cette rencontre avec intensité. Le vrai bonheur goûté en son temps…il en précédait un autre, puisque j’allais chercher  deux de mes filles pour passer ensemble une soirée mémorable.

1 novembre, 2010

Jour de l’an

Classé dans : bavardages,dans le retroviseur,famille,musique,societe — kinkajouunblogfr @ 23:09

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1er novembre, un lundi, comme un dimanche…Cabrel dans la radio.
Cette chanson m’a fait penser à mon premier jour de l’an en France. Une Horizon caramel, mon frère et moi, une copine et son frère. Les deux garçons avaient le permis de conduire, nous pas encore. Mon frère et le gars avec lequel je sortais à l’époque, paix à son âme…il est mort depuis, avaient acheté cette voiture à deux. C’était au tour de mon frère de l’avoir selon un calendrier que je n’ai jamais cherché à comprendre.

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Nous n’avions quasiment pas un sou en poche, en fait, il nous manquait à peu près 300 francs mais nous avions décidé de passer le jour de l’an à Paris !

Nous sommes partis dans la matinée et par l’autoroute, plus rapide pour arriver en fin de journée mais avec les frais de péage. Nous envisagions le retour par la route.

Le trajet aller ne me laisse que peu de souvenirs en dehors d’une pluie fine mais insistante à partir de Lyon et des grognements du copain chaque fois qu’on dépassait à l’aveugle un camion qui rejetait des trombes d’eau.

A notre arrivée, je suis partie en banlieue voir un ami de lycée, pressé de me détrousser dans un appartement taille boite d’allumette et insonorisé pareil, dans immeuble sordide dans un quartier glauque. Ce n’est pas cette image de lui que j’avais gardé de nos années-lycée ! Il avait un braquemart défiant toute concurrence mais je n’en avais que faire, tellement je trouvais son insistance entourée de …rien, incongrue et déplacée. Je suis sortie de ce traquenard avec une facilité étonnante, le laissant lui et son engin sous la douche où je lui avais demandé d’aller m’attendre le temps que je me déshabille soi-disant.

Je me suis donc éclipsée sans bruit pour me retrouver pour la première fois de ma vie dans une gare SNCF. Je n’en connaissais point les usages… j’ai vu sur les panneaux d’affichage que le train que je devais prendre était sur une autre voie que celle où je me trouvais. Dédaignant les indications affichées sur les voies, j’ai fait comme sur la route : coup d’oeil à droite, coup d’oeil à gauche et j’ai traversé.

Arrivée sur le quai d’en face, une vieille antillaise(elle devait avoir l’âge que j’ai aujourd’hui) m’a attrapé par le bras, m’a houspillé avec véhémence en français /créole pour me dire le danger auquel je venais d’échapper, et évoquant les sacrifices de mes parents qui ne devaient pas servir à un accident aussi bête après tant d’années… Bouche bée, souffle coupé, je ne pouvais qu’acquiescer et reconnaitre son expérience de la chose d’en-France ! Elle a ensuite remis de l’ordre dans mes vêtements…mon cou (fal moin) n’était pas assez couvert à son gré. Elle m’a invité également à acheter un vrai manteau assez vite pour ne pas attraper un mal cadi(maladie mortelle).

immeublelacourneuve.jpgAprès ces mésaventures, je me suis calée dans un compartiment pour rejoindre le reste de la bande dans une de ces tours remplies d’antillais en région parisienne ! Je m’y sentais à l’étroit mais les gens qui nous accueillaient se montraient disponibles, chaleureux et accueillants.

Pour en revenir à Cabrel, c’était le 45 tour que mon oncle écoutait en boucle chez lui. Je ne le connaissais pas romantique, je ne pensais même pas qu’il puisse écouter de la chanson française,  je découvrais cet aspect du personnage, douzième et dernier enfant de ma grand-mère maternelle. Il avait gravi les échelons sociaux : de plombier (débouche-caca) comme il disait,  il était passé au tarmac de Roissy ! Il racontait à demi-mot les horaires, le froid et  la contrainte de partir travailler au petit matin par tous les temps, mais semblait heureux d’être délivré des jets de merde de son métier d’avant.

On est parti danser ensemble et je l’ai encore vu différemment, roi de la fête, sexe symboliquement mis en avant auprès de la plupart des femmes présentes. Je n’ai pas étonnée que ses voeux soient « bonne baise » …

C’est à moi qu’il revenait le lendemain de lui demander de nous avancer la moitié de la somme qui nous manquait pour rejoindre le sud. Il m’a répondu qu’il n’avait pas cette somme et qu’on trouverait bien un moyen de rentrer puis est retourné à ses occupations.

Bredouilles et dépités, nous avons rejoint nos amis. Au bout de quelques kilomètres nous avons avoué notre déconfiture. Le copain s’est mis à jurer puis nous avons fait demi tour pour retourner chez leurs parents qui ont avancé la somme que nous avons remboursée ensuite avec nos bourses d’étudiants. L’ambiance du retour a été glaciale, chacun ruminant de son côté.

N’empêche ! j’aime bien cette chanson.

machambre.jpg

Aujourd’hui aussi c’est férié : Je me suis fait une omelette aux girolles…hummm un délice… Puis j’ai ri toute seule à un délire basique à la télé : La tour Montparnasse infernale…un navet avec des répliques du genre  « on dirait une pizza quatre chaussures » et, « c’est de toute beauté » ou « personne ne bouge, sinon je tire une balle dans la tête à la main », et encore « tu vas m’aider à délivrer Marie Joëlle ou moi aussi tu vas me défoncer la gueule un à un ? » il y a aussi « on prend le vieux et le jeune vieux » … Je sais ! c’est nul mais je me tue à vous dire que je me balade sur une échelle de l’éclectisme défiant toute concurrence et que je me régale à tous les étages. Il n’y a que les sentiments qui foirent depuis toujours…

J’ai ruminé ce qui me mine et dont je dois me méfier ou me défaire … Je suis monstrueusement fleur bleue, mais ma chambre a d’autres couleurs.

 

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