Plurielle

Je suis en paix avec le monde et je caresse l’illusion que tout va bien et que le monde est aussi en paix avec moi

19 juin, 2011

Dans ma rue, suite…

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Il y a eu dans ma rue, la fête des fanfares.

 

 

 

J’avais prévu d’y aller bien sûr, ces moments de liesse tout en couleurs en sons et mouvements me plaisent, à priori. Cependant descendre concrètement seule dans la foule me tente moins. J’ai commencé par faire la grasse matinée, il me semblait que je suis une grosse dormeuse !!! Pas tant que ça puisqu’à 5 h 28, j’étais en grande conversation avec mon radio réveil  !  Espèce de sale invention. Impossible ensuite de me rendormir. J’ai décidé de rester au lit : c’est moi qui décide, non mais !

lecoeurlouvrage.jpgAu bout de quatre heures, les oiseaux en ayant aussi décidé autrement je m’en suis extirpé. Plutôt que de faire le ménage j’ai préféré en lire  les mécanismes dans l’excellent essai de Jean Claude Kaufmann,  Le coeur à l’ouvrage.

Les bruits de la rue montaient cependant jusqu’à moi, différents des autres jours puisque pour l’occasion, elle était devenue piétonne.

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Et effectivement ça piétinait déjà, celui-ci en badaud, l’autre en tirant quelques notes de son instrument. Je me suis contentée de l’ambiance vue d’en haut…

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C’est amusant une déambulation vue d’en haut. Il y a celui à qui on a posé un lapin, celui qui s’extasie devant la devanture du fleuriste, les serveurs des petits bars qui s’affairent à étendre l’espace qui leur est attribué habituellement, les clochards qui ne reconnaissent plus leur rue etc…

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Enfin les fanfares se mettent en branle pour le premier tour de piste et les sons succèdent aux sons.

Décidément, je ne sais pas faire la fête seule et j’appelle l’une de mes filles à la rescousse.

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Elle me rejoindra avec son père dans l’après midi. Je croise quelques connaissances, j’échange quelques mots et des sourires dans un climat bon enfant.

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C’est moi que mes ex-beaux frères appellent pour qu’on se retrouve, et j’apprécie là une certaine idée de la famille et au moins des liens tissés tout au long des années passées. Quand j’aperçois la seule cousine de mon ex, c’est naturellement que je vais la saluer pour relativiser peu de temps après cette fameuse idée. Je ne la savais pas musicienne, et j’ai exprimé ma surprise à la vue du saxo qui pendait à son cou. Elle m’a rétorqué sans aménité qu’elle ne s’amuserait pas sinon à le trimballer autour du cou…pan  !  prend ça dans ta gueule ! J’ai pris la distance nécessaire mais il est vrai qu’en quasiment 30 ans durant lesquels j’ai vécu et commis des enfants avec son cousin, elle n’a franchi le seuil de ce qui était chez nous qu’une fois, nous n’étions pas du même monde ! Fin de l’épisode, donc et retour à la fête, objet de ma promenade ce jour-là.

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Jour qui a duré toute la nuit et où la population a changé au fil des heures, on est passé de la petite famille « maman-papa-bébé canard » puis « pépé-mamie », « bobo-Uptodate », « petits couples hétéro ou homo « , à « bibine-bourré-je-vocifère » chacun avec son idée de la fête.

 

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Je suis remontée les voir de mon perchoir. L’an prochain, on remet ça ?

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11 juin, 2011

Dans ma rue

Classé dans : bavardages,humeurs,mode de vie,musique,point de vue,quotidien,societe,voisins — kinkajouunblogfr @ 23:27

Dans ma rue, ça vit,

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ça bouge,

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ça taggue, sadgeisha.jpg

ça lit,p1050292.jpg

ça joue,aprofanfare2.jpg

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Et moi pendant ce temps, je cherche un homme de compagnie à poil ras, déjà propre mais à dresser moi-même. Comment puis-je le trouver ? Moi, obsédée textuelle mais dyslexique du coeur ?

Dans ma rue ça grouille,p1050196.jpg

parfois ça pique les yeux…piquelesyeux.jpg

ça trottine,trottiner.jpg

Parfois c’est coloré, p1050334.jpg

Pourtant, je respire, je travaille, je mange, j’attends. J’attends qu’un petit bonheur passe sous ma fenêtre avant de m’échouer quelque part.p1050310.jpg

Je suspends des plantes dans ma maisonherbesaromatiques.jpg

quand lui passe près de cet arbre-là :p1050291.jpg

 

J’écris peu en ce moment…je vis un peu !

3 juin, 2011

Éblouissements

Classé dans : citations,humeurs,littérature,poesie,politique,quotidien,societe — kinkajouunblogfr @ 20:00

Temps miraculeux ! ô gaîtés homériques ! Ô rires de l’Europe et des deux Amériques !

Croûtes qui larmoyez ! bons dieux mal accrochés
Qui saignez dans vos coins ! madones qui louchez !
Phénomènes vivants ! ô choses inouïes !
Candeurs ! énormités au jour épanouies !
Le goudron déclaré fétide par le suif,
Judas flairant Shylock et criant : c’est un juif !
L’arsenic indigné dénonçant la morphine,
La hotte injuriant la borne, Messaline
Reprochant à Goton son regard effronté,
Et Dupin accusant Sauzet de lâcheté !
Oui, le vide-gousset flétrit le tire-laine,
Falstaff montre du doigt le ventre de Silène,
Lacenaire, pudique et de rougeur atteint,
Dit en baissant les yeux : J’ai vu passer Castaing !
Je contemple nos temps. J’en ai le droit, je pense.
Souffrir étant mon lot, rire est ma récompense.
Je ne sais pas comment cette pauvre Clio
Fera pour se tirer de cet imbroglio.
Ma rêverie au fond de ce règne pénètre,
Quand, ne pouvant dormir, la nuit, à ma fenêtre,
Je songe, et que là-bas, dans l’ombre, à travers l’eau,
Je vois briller le phare auprès de Saint-Malo.
Donc ce moment existe ! il est ! Stupeur risible !
On le voit ; c’est réel, et ce n’est pas possible.
L’empire est là, refait par quelques sacripants.
Bonaparte le Grand dormait. Quel guet-apens !
Il dormait dans sa tombe, absous par la patrie.
Tout à coup des brigands firent une tuerie
Qui dura tout un jour et du soir au matin ;
Napoléon le Nain en sortit. Le destin,
De l’expiation implacable ministre,
Dans tout ce sang versé trempa son doigt sinistre
Pour barbouiller, affront à la gloire en lambeau,
Cette caricature au mur de ce tombeau.
Ce monde-là prospère. Il prospère, vous dis-je !
Embonpoint de la honte ! époque callipyge !
Il trône, ce cokney d’Eglinton et d’Epsom,
Qui, la main sur son coeur, dit : Je mens, ergo sum.
Les jours, les mois, les ans passent ; ce flegmatique,
Ce somnambule obscur, brusquement frénétique,
Que Schoelcher a nommé le président Obus,
Règne, continuant ses crimes en abus.
Ô spectacle ! en plein jour, il marche et se promène,
Cet être horrible, insulte à la figure humaine !
Il s’étale effroyable, ayant tout un troupeau
De Suins et de Fortouls qui vivent sur sa peau,
Montrant ses nudités, cynique, infâme, indigne,
Sans mettre à son Baroche une feuille de vigne !
Il rit de voir à terre et montre à Machiavel
Sa parole d’honneur qu’il a tuée en duel.
Il sème l’or ; – venez ! – et sa largesse éclate.
Magnan ouvre sa griffe et Troplong tend sa patte.
Tout va. Les sous-coquins aident le drôle en chef.
Tout est beau, tout est bon, et tout est juste ; bref,
L’église le soutient, l’opéra le constate.
Il vola ! Te Deum. Il égorgea ! cantate.
Lois, moeurs, maître, valets, tout est à l’avenant.
C’est un bivouac de gueux, splendide et rayonnant.
Le mépris bat des mains, admire, et dit : courage !
C’est hideux. L’entouré ressemble à l’entourage.
Quelle collection ! quel choix ! quel OEil-de-boeuf !
L’un vient de Loyola, l’autre vient de Babeuf !
Jamais vénitiens, romains et bergamasques
N’ont sous plus de sifflets vu passer plus de masques.
La société va sans but, sans jour, sans droit,
Et l’envers de l’habit est devenu l’endroit.
L’immondice au sommet de l’état se déploie.
Les chiffonniers, la nuit, courbés, flairant leur proie,
Allongent leurs crochets du côté du sénat.
Voyez-moi ce coquin, normand, corse, auvergnat :
C’était fait pour vieillir bélître et mourir cuistre ;
C’est premier président, c’est préfet, c’est ministre.
Ce truand catholique au temps jadis vivait
Maigre, chez Flicoteaux plutôt que chez Chevet ;
Il habitait au fond d’un bouge à tabatière
Un lit fait et défait, hélas, par sa portière,
Et griffonnait dès l’aube, amer, affreux, souillé,
Exhalant dans son trou l’odeur d’un chien mouillé.
Il conseille l’état pour ving-cinq mille livres
Par an. Ce petit homme, étant teneur de livres
Dans la blonde Marseille, au pays du mistral,
Fit des faux. Le voici procureur général.
Celui-là, qui courait la foire avec un singe,
Est député ; cet autre, ayant fort peu de linge,
Sur la pointe du pied entrait dans les logis
Où bâillait quelque armoire aux tiroirs élargis,
Et du bourgeois absent empruntait la tunique
Nul mortel n’a jamais, de façon plus cynique,
Assouvi le désir des chemises d’autrui ;
Il était grinche hier, il est juge aujourd’hui.
Ceux-ci, quand il leur plaît, chapelains de la clique,
Au saint-père accroupi font pondre une encyclique ;
Ce sont des gazetiers fort puissants en haut lieu,
Car ils sont les amis particuliers de Dieu
Sachez que ces béats, quand ils parlent du temple
Comme de leur maison, n’ont pas tort ; par exemple,
J’ai toujours applaudi quand ils ont affecté
Avec les saints du ciel des airs d’intimité ;
Veuillot, certe, aurait pu vivre avec Saint-Antoine.
Cet autre est général comme on serait chanoine,14bertoinblouissement.jpg
Parce qu’il est très gras et qu’il a trois mentons.
Cet autre fut escroc. Cet autre eut vingt bâtons
Cassés sur lui. Cet autre, admirable canaille,
Quand la bise, en janvier, nous pince et nous tenaille,
D’une savate oblique écrasant les talons,
Pour se garer du froid mettait deux pantalons
Dont les trous par bonheur n’étaient pas l’un sur l’autre.
Aujourd’hui, sénateur, dans l’empire il se vautre.
Je regrette le temps que c’était dans l’égout.
Ce ventre a nom d’Hautpoul, ce nez a nom d’Argout.
Ce prêtre, c’est la honte à l’état de prodige.
Passons vite. L’histoire abrège, elle rédige
Royer d’un coup de fouet, Mongis d’un coup de pied,
Et fuit. Royer se frotte et Mongis se rassied ;
Tout est dit. Que leur fait l’affront ? l’opprobre engraissé.
Quant au maître qui hait les curieux, la presse,
La tribune, et ne veut pour son règne éclatant
Ni regards, ni témoins, il doit être content
Il a plus de succès encor qu’il n’en exige ;
César, devant sa cour, son pouvoir, son quadrige,
Ses lois, ses serviteurs brodés et galonnés,
Veut qu’on ferme les veux : on se bouche le nez.
Prenez ce Beauharnais et prenez une loupe ;
Penchez-vous, regardez l’homme et scrutez la troupe.
Vous n’y trouverez pas l’ombre d’un bon instinct.
C’est vil et c’est féroce. En eux l’homme est éteint
Et ce qui plonge l’âme en des stupeurs profondes,
C’est la perfection de ces gredins immondes.
A ce ramas se joint un tas d’affreux poussahs,
Un tas de Triboulets et de Sancho Panças.
Sous vingt gouvernements ils ont palpé des sommes.
Aucune indignité ne manque à ces bonshommes ;
Rufins poussifs, Verrès goutteux, Séjans fourbus,
Selles à tout tyran, sénateurs omnibus.
On est l’ancien soudard, on est l’ancien bourgmestre ;
On tua Louis seize, on vote avec de Maistre ;
Ils ont eu leur fauteuil dans tous les Luxembourgs ;
Ayant vu les Maurys, ils sont faits aux Sibours ;
Ils sont gais, et, contant leurs antiques bamboches,
Branlent leurs vieux gazons sur leurs vieilles caboches.
Ayant été, du temps qu’ils avaient un cheveu,
Lâches sous l’oncle, ils sont abjects sous le neveu.
Gros mandarins chinois adorant le tartare,
Ils apportent leur coeur, leur vertu, leur catarrhe,
Et prosternent, cagneux, devant sa majesté
Leur bassesse avachie en imbécillité.

Cette bande s’embrasse et se livre à des joies.
Bon ménage touchant des vautours et des oies !
Noirs empereurs romains couchés dans les tombeaux,
Qui faisiez aux sénats discuter les turbots,
Toi, dernière Lagide, ô reine au cou de cygne,
Prêtre Alexandre six qui rêves dans ta vigne,
Despotes d’Allemagne éclos dans le Roemer,
Nemrod qui hais le ciel, Xercès qui bats la mer,
Caïphe qui tressas la couronne d’épine,
Claude après Messaline épousant Agrippine,
Caïus qu’on fit césar, Commode qu’on fit dieu,
Iturbide, Rosas, Mazarin, Richelieu,
Moines qui chassez Dante et brisez Galilée,
Saint-office, conseil des dix, chambre étoilée,
Parlements tout noircis de décrets et d’olims,
Vous sultans, les Mourads, les Achmets, les Sélims,
Rois qu’on montre aux enfants dans tous les syllabaires,
Papes, ducs, empereurs, princes, tas de Tibères !
Bourreaux toujours sanglants, toujours divinisés,
Tyrans ! enseignez-moi, si vous le connaissez,
Enseignez-moi le lieu, le point, la borne où cesse
La lâcheté publique et l’humaine bassesse !
Et l’archet frémissant fait bondir tout cela !
Bal à l’hôtel de ville, au Luxembourg gala.
Allons, juges, dansez la danse de l’épée !
Gambade, ô Dombidau, pour l’onomatopée !
Polkez, Fould et Maupas, avec votre écriteau,
Toi, Persil-Guillotine, au profil de couteau !
Ours que Boustrapa montre et qu’il tient par la sangle,
Valsez, Billault, Parieu, Drouyn, Leboeuf, Delangle !
Danse, Dupin ! dansez, l’horrible et le bouffon !
Hyènes, loups, chacals, non prévus par Buffon,
Leroy, Forey, tueurs au fer rongé de rouilles,
Dansez ! dansez, Berger, d’Hautpoul, Murat, citrouilles !
Et l’on râle en exil, à Cayenne, à Blidah !
Et sur le Duguesclin, et sur le Canada,
Des enfants de dix ans, brigands qu’on extermine,
Agonisent, brûlés de fièvre et de vermine !
Et les mères, pleurant sous l’homme triomphant,
Ne savent même pas où se meurt leur enfant !
Et Samson reparaît, et sort de ses retraites !
Et, le soir, on entend, sur d’horribles charrettes
Qui traversent la ville et qu’on suit à pas lents,
Quelque chose sauter dans des paniers sanglants !
Oh ! laissez ! laissez-moi m’enfuir sur le rivage !
Laissez-moi respirer l’odeur du flot sauvage !
Jersey rit, terre libre, au sein des sombres mers ;
Les genêts sont en fleur, l’agneau paît les prés verts ;
L’écume jette aux rocs ses blanches mousselines ;
Par moments apparaît, au sommet des collines,
Livrant ses crins épars au vent âpre et joyeux,
Un cheval effaré qui hennit dans les cieux !
24 mai. Jersey.
Victor Hugo

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