Plurielle

Je suis en paix avec le monde et je caresse l’illusion que tout va bien et que le monde est aussi en paix avec moi

21 janvier, 2010

En ouvrant le journal du matin

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Petite fille lorsque j’en voulais très fort à quelqu’un et qu’un malheur lui arrivait j’étais persuadée que je lui en avais voulu suffisamment pour que ce malheur survienne. Évidemment c’était des petits malheurs…Hélène  tombait de vélo, Agnès se faisait gronder par sa mère, Flora avait une mauvaise note en anglais…elle qui apprenait si vite cette maudite langue. En me rapprochant de l’âge adulte, j’ai désappris mes pouvoirs de sorcière. J’ai beau froncer les sourcils, dire des suites de mots sans fin à la manière des incantations, rien ! Il n’y a rien que ma colère et même si je la dis à la personne concernée, sa vie continue de se se dérouler paisiblement.

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C’était jusqu’à ce soir quand j’ai ouvert le journal… Mon amour, ma jalousie, mon dépit, ma colère, ma haine, tout cela avait fonctionné. Comme lorsque j’étais petite. Il est mort ! Oui, oui, c’est vrai, il est mort, c’est écrit dans le journal. Je ne l’ai pas tué de mes mains. J’y ai songé un temps, mais ça ne se fait pas, c’est interdit de prendre la vie. J’avais imaginé plein de manières différentes. couteau.jpgLes films et romans, sans oublier les faits divers regorgent d’exemples en tous genres. De la mort au rat à l’accident de la route provoqué par le simple fait de siphonner le liquide de freins. J’avais donc renoncé, d’abord parce que c’est interdit et aussi parce que  je ne suis pas  partageuse au point d’envisager le restant de mes jours dans une cellule avec des co-détenues, mais surtout parce que la haine que je pensais avoir était beaucoup moins forte que l’amour que je lui portais.

C’est fait ! Sa vie est finie et comme je ne crois pas à l’au delà, qu’il soit d’en haut ou d’en-bas, elle est finie pour de bon !

Ça me fait quoi ? Les premiers instants furent de stupeur, une sorte d’hébétude, d’engourdissement où je me suis dit que ce journal était répugnant d’annoncer ainsi la fin des gens sans précautions aucune. Juste un laconique convoi funèbre sur une terre glacée. D’ailleurs, répugnant, c’est ainsi qu’il le nommait lui-même !

Il disait parfois, Ciao bella…je n’oublierais jamais sa voix. Manquera t-il à ma vie ?

Je le voulais homme de ma (fin de) vie…il n’avait pas cette tête-là dans mon imagination, ni ce corps-là. Pas facile de faire coller une image à un rêve !… On aurait pu écrire une autre histoire, j’en ai souvent caressé l’espoir. J’espère que son image  me servira de garde-fou si je rencontre d’autres comme lui.

J’ai tenté ensuite de me définir par rapport à ce décès qui me laisse à mes plaies béantes…comme le font tous les décès à ceux qui restent. Oui mais moi, on m’a appris à dire au revoir à mes morts. J’ai appris à leur caresser le visage, à leur dire les derniers mots d’une conversation en cours, à toucher leurs mains une dernière fois avant de les embrasser et de leur tourner le dos pour qu’ils ne viennent pas me tirer par les pieds durant mon sommeil.

 

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Non seulement je ne ferais aucun de ces gestes mais j’ai conscience que ce mort ne m’est rien ! Sans ce journal que je ne prends jamais, mais j’ai été tentée dans le kiosque de la gare, je ne saurais rien de cette fin de vie. Je ne suis ni parente, ni proche (au propre et au figuré). La plupart des gens disent avoir besoin de se reconstruire après un décès. J’aurais besoin de recoudre soigneusement tout ce qui s’est fracassé avec ce mort d’aujourd’hui qui s’en va dans sa tombe. Tout ce qui s’est fracassé quand il n’était que candidat à la mort mais que je le voulais éternel.cimetire.jpg

Maintenant qu’il est mort, je vais tenter, non pas de l’auréoler comme on pare les morts en leur attribuant toutes les vertus, mais essayer d’apercevoir les aspects positifs et non contraignants des rapports qui furent les nôtres avant la débâcle. La mort m’aidera sans doute à accepter ce que je refusais de son vivant. Un sale type est un sale type même mort. Peut-être parviendrais-je à repérer ce qui m’a aveuglé au point de ne plus accorder d’importance à ma vie et mes choix. Quand ce sera fait je vais sans doute me remémorer les moments plus heureux qui fondent ma nostalgie de la relation défunte. Ses caresses n’étaient pas que rugueuses…Des choses comme me lover contre lui…à son corps défendant quand on partageait le même lit et qu’il tentait de conserver ses habitudes de vieux garçon ou un bain mémorable…ou ses yeux brillant de plaisir ou encore ce bouquet de roses qu’il m’avait offert et qui augurait de belles perspectives.

 

Je pensais que sa mort m’aurait attristée …moi qui ai la larme facile pour les fins de vie, et les départs en tout genre,  je suis plutôt tranquille. Ni apaisée, ni embêtée juste dubitative. Curieux décalage entre un amour réel et une fin de vie réelle aussi mais sans consistance. Finalement la rupture n’aura été que la préparation certes douloureuse à sa vraie disparition. Les choses ne sont pas si mal faites…Il disait blblbl et je traduisais comme je pouvais ! ça me manquera… Le CD de Marie tout court qu’il devait m’envoyer ne me parviendra jamais. Heureusement qu’elle en mettra en vente. grilleducimetieremarneslacoquette.jpg

 

20 janvier, 2010

Vrai ou faux

Je remets ces phrases ici, puisque on me demande en privé les réponses…ce n’est vraiment pas très difficile de démêler le faux du vrai.

1-Je suis mariée depuis 26 ans

2-J’ai adopté un enfant

3-J’ai apostrophé Joé  Star en lui demandant de se coiffer avant de se produire à la télé

4-J’ai demandé à un flic de me montrer son permis de séjour

5-Césaire Aimé à officié pour mon mariage à la mairie de Fort de France

6-J’ai grandi dans un bidonville

7-J’ai mis au monde trois enfants alors que je n’ai qu’un ovaire

8-A un repas de famille je peux avoir deux joueurs de l’équipe de France

9-Je pratique l’escalade

1O-Je suis bilingue

11-J’ai trois poules

12-J’ai trois neveux blancs

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18 janvier, 2010

Altérité

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La tragédie récente du peuple haïtien, le pseudo débat sur l’identité nationale et les faits pas si divers que ça m’obligent à réfléchir.

Certains en sont à refuser de penser une aide à ce peuple en détresse au prétexte que depuis la prise de position de Dessalines pour mettre fin à la domination de son peuple, Haïti n’avait pas su trouver un système politique stable. Les mêmes vont jusqu’à énoncer des absurdités faisant honte à toute l’histoire de France en opposant l’aide d’urgence nécessaire là-bas à l’aide dont aurait besoin nos compatriotes qui ici dorment dehors. J’ai lu sur un torchon qu’il n’y a pas de problème à dormir dehors la nuit par 25°C. Pourquoi donc l’été en France les stades et autres jardins publics ne sont-ils pas pleins de gens dormant à la belle étoile ?

De plus dans le coin de France où je vis, il ne pleut pas la nuit durant l’été, en Haïti, c’est le contraire.

 

Pourquoi la peur de l’autre ou la bêtise crée t-elle ce ressentiment qui déclasse les autres humains plus bas que les animaux.

Les chaînes humaines qui se mettent en place pour asperger des cétacés échoués sur les plages n’inspirent pas tant de dégoût que celui qui est manifesté là !

Est-ce seulement l’accentuation des craintes liées à l’altérité culturelle et religieuse ? Faut-il y voir une manière de se protéger du pire, qu’on tiendrait à l’écart en le conjurant puisqu’il survient chez les autres ?

Il n’est pas interdit de s’interroger sur les fonds débloqués par les états aujourd’hui pour faire face aux suites de ce séisme, mais , la veille du séisme et les années précédentes, le peuple haïtien avait déjà faim, était déjà dans le chaos social et politique…L’aide à la reconstruction du pays ne peut pas être relié au seul événement climatique ! C’est cela la démagogie qui permet aux états et aux ONG, de se tirer la bourre pour montrer comment chacun est plus valeureux que son voisin ? Le spectacle de la misère instrumentalisée est pitoyable.

 

L’histoire se répète, j’en ai la conviction sourde, je ne peux la relier à aucun fait historique cependant !

 

Dans mes veines, le sang coule et me dit : rien de nouveau sous le soleil…

 

Je n’ai pas de bons sentiments , mais certains traumatismes à travers le monde me touchent plus que d’autres, émotionnellement et de façon durable. Je ne sais pas pleurer ponctuellement ;

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Partout dans le monde des populations sont soumises à l’horreur au quotidien. Toutes ne font pas écho. Il y en a que je ne comprends pas, surtout si des guerres plus ou moins fratricides sous-tendent des catastrophes pas toujours naturelles.

 

« La misère engendre la violence, l’insécurité », C’est le cas à Haïti aussi, mais pas que ,

le discours nationaliste me paraît nauséabond, encore plus qu’avant. Je lui préfère le discours de l’humain, quasiment biblique. On n’est pas tous des salauds, on n’est pas tous bons non plus et qu’on soit gentils ou méchants, pas sûr que les méchants vont mourir bientôt.

 

En France, la diversité c’est du folklore, un « mélange de tagine, de couscous, nems, acras poulet mafé, autres spécialités culinaires et d’évocations touristiques sur fond de musique du monde. Ça me fait chier tout ça. Aujourd’hui on serait tous haïtiens, demains Tutsis après avoir été Utus ou Palestiniens ou Tchétchènes ? J’ai du mal à y croire.

 

De même que de vivre dans un pays, à une époque où les forces vives ont peur de la jeunesse. Chacun est en compétition avec les autres…Certaines choses m’échappent dans la vie.

J’ai envie de dire comme Desproges, excusez-moi, je vais vomir plus loin !

 P.S je n’ai vraiment pas envie de mettre des images

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